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1 Interprétations & intonations (informative, interrogative, exclamative), Prosodie, scantion, silence, émotions
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2 Pour travailler plus en profondeur l'un des thèmes
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3 Collaboration sur les infos de jeux & Compréhension des intentions de l'autre joueur
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4 Le voyage du Héro·ïne·s (partie 1)
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5 Le voyage du Héro·ïne·s (partie 2)
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6 Exploration d'un type de long format narratif (bio, feydeau improvisé, myiazaki improvisé, etc)
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7 Exploration d'un type de long format narratif (bio, feydeau improvisé, myiazaki improvisé, etc)
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8 Spectacles long format (préparation du spectacle, essai de concepts)
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9 Les traitements
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10 Libre
Cours-type (libre) : Les traitements (partie 2).
Les traitements (2) : glisser, dire, revenir
Préambule
Au cours précédent, on imageait une émotion ponctuelle (aparté visuel, danse). Aujourd’hui, on fait glisser la scène entière dans une métaphore filée : c’est le traitement. Il se joue en trois temps.
(le réel posé) → (la métaphore filée) → (le réel, marqué)
Dans les Monty Python (« The Crimson Permanent Assurance », 1983), de vieux clercs d’une compagnie d’assurances britannique, écrasés par l’énorme corporation américaine qui les a rachetés, se révoltent. Leur immeuble de bureaux se métamorphose en navire pirate : ils voguent dans le quartier d’affaires de Londres, abordent le gratte-ciel de l’ennemi, transforment leurs classeurs en armes et font passer les cadres par-dessus la planche. La piraterie dit la violence du monde de l’entreprise bien mieux qu’une scène réaliste.
C’est un traitement long : l’entrée se construit à vue (le bureau devient peu à peu un galion) et la fin est nette (les clercs finissent par tomber du bord du monde).
Partir du quotidien et surligner. On traite un fait ordinaire ; le traitement le rend remarquable en disant « c’est ça qui compte » (l’attente du coup de fil, pas le coup de fil). Ce surlignage doit ensuite orienter la suite.
Entrées & sorties. Pour un mini-traitement, l’entrée et le retour sont francs (cut). Pour un traitement long, l’entrée peut se construire à vue, mais la fin doit être nette.
Vidéos (dossier Drive) : Monty Python — The Crimson Permanent Assurance (le glissement complet) ; Bref — On était des gamins (rythme, voix intérieure, surlignage).
Échauffement
A) Le métier-univers
6’Dispositif :
- En cercle. Une personne lance un métier (« dentiste »), la suivante propose un univers de transposition (« …c’est de la spéléologie ») et un geste qui l’incarne.
- Enchaîner vite, sans valider la « justesse » : on cherche le volume d’idées.
B) La machine métaphorique
9’Dispositif :
- Un·e joueur·euse entre et fait un geste répété + un son. Les autres s’ajoutent un·e à un·e pour former une machine collective.
- Le·la formateur·rice nomme alors ce que la machine « fabrique » (« c’est l’administration », « c’est l’amour ») : la machine se laisse recolorer par ce sens.
C) Transformer le lieu
10’Dispositif :
- Un lieu banal est installé (une salle d’attente). Au signal, le groupe le transforme collectivement en un autre univers (un champ de bataille, une jungle), par le corps et le son, sans un mot.
- Puis on revient au lieu de départ. On observe ce qui « reste » de la transformation.
Exercices
A) Le glissement de situation
18’Dispositif :
- On définit une situation réaliste (un bureau des impôts) et un univers de transposition (la piraterie).
- La scène pose d’abord le réel (2–3 répliques d’impôts bien installées), puis glisse : le jeu, les émotions, l’espace deviennent la piraterie, mais on continue de parler d’impôts.
B) Les trois temps, décomposés
16’Dispositif :
- Même duo, scène neuve. Le·la formateur·rice annonce les temps à voix haute :
- Poser le réel, clairement : qui, où, quoi. On doit croire à la scène ordinaire avant tout glissement.
- On glisse dans la métaphore. C’est là qu’on dit l’indicible : la peur, le désir, la violence que la scène réaliste taisait.
- On revient à la scène de départ. Les personnages sont changés par ce qui vient de se jouer.
C) L’art de la trace
16’Dispositif :
- On rejoue uniquement le temps 3 de scènes déjà basculées. Consigne : glisser deux ou trois traces de l’univers métaphorique, pas plus.
- Les traces peuvent être un objet détourné (le coupe-papier-épée), un détail du corps (un cache-œil « à cause d’une conjonctivite »), un élément d’espace (une flaque d’eau, une « fuite » au sol).
Jeu — Les traitements joués en grand
Mini-numéros de traitement
30’Mise en place :
- On forme des sous-groupes. Chacun reçoit (ou tire) une situation réaliste et choisit son univers de transposition.
- Quelques minutes pour se mettre d’accord sur le sujet et l’image — pas pour écrire la scène.
- Chaque sous-groupe joue son traitement complet devant les autres : mise en place, bascule, retour avec traces.
- On a cru à la scène réaliste avant le glissement.
- La métaphore a dit quelque chose que le réel taisait.
- Le retour porte 2–3 traces, ni zéro ni dix.
- Découpe : si c’est court, entrée et sortie cut ; si c’est long, entrée à vue possible mais fin nette.
Conclusion
Points clés à retenir :
Rituel de fin : clap collectif.
Récapitulatif
| Partie | Contenu | Durée | Format |
|---|---|---|---|
| Préambule | Les trois temps & le modèle comptables-pirates | 5’ | Théorie |
| Échauffement A | Le métier-univers | 6’ | Cercle |
| Échauffement B | La machine métaphorique | 9’ | Groupe |
| Échauffement C | Transformer le lieu | 10’ | Groupe |
| Exercice A | Le glissement de situation | 18’ | Duos |
| Exercice B | Les trois temps, décomposés | 16’ | Duos |
| Exercice C | L’art de la trace | 16’ | Duos |
| Jeu | Les traitements joués en grand | 30’ | Sous-groupes |
| Conclusion | Points clés + rituel | 10’ | Collectif |
Annexe
- 1. Mise en place : on pose le réel clairement (qui, où, quoi). On y croit.
- 2. Bascule onirique : la scène glisse dans la métaphore filée et dit l’indicible.
- 3. Retour avec traces : on revient au réel ; 2–3 traces fines prolongent la métaphore.
- Le bureau des impôts → la piraterie / l’abordage.
- Un rendez-vous Tinder → un entretien d’embauche militaire.
- Une réunion de copropriété → un procès d’assises.
- Un cours de fitness → un dressage d’animaux de cirque.
- Le service clientèle téléphonique → une séance de spiritisme.
- Une consultation chez le dentiste → un interrogatoire d’espionnage.
- Faire les courses → une expédition de survie en montagne.
- Objet détourné : un coupe-papier brandi comme une épée.
- Détail du corps : un cache-œil, une démarche qui boite, une main qui tremble.
- Élément d’espace : une flaque d’eau au sol, une chaise renversée, une « fuite » inexpliquée.
- Langage : un mot de l’univers métaphorique qui « échappe » dans une réplique.
- Mini-traitement : entrée et retour francs (cut) — on bascule et on revient sans transition.
- Traitement long & complexe : entrée qui se construit à vue (le réel se métamorphose progressivement), mais fin nette.
- Monty Python — The Crimson Permanent Assurance : les comptables-pirates, modèle du glissement complet d’une scène.
- Bref — On était des gamins : rythme, voix intérieure et surlignage de ce qui compte.
Les traitements (2) : glisser, dire, revenir
Préambule
Au cours précédent, on imageait une émotion ponctuelle (aparté visuel, danse). Aujourd’hui, on fait glisser la scène entière dans une métaphore filée : c’est le traitement. Il se joue en trois temps.
(le réel posé) → (la métaphore filée) → (le réel, marqué)
Dans les Monty Python (« The Crimson Permanent Assurance », 1983), de vieux clercs d’une compagnie d’assurances britannique, écrasés par l’énorme corporation américaine qui les a rachetés, se révoltent. Leur immeuble de bureaux se métamorphose en navire pirate : ils voguent dans le quartier d’affaires de Londres, abordent le gratte-ciel de l’ennemi, transforment leurs classeurs en armes et font passer les cadres par-dessus la planche. La piraterie dit la violence du monde de l’entreprise bien mieux qu’une scène réaliste.
C’est un traitement long : l’entrée se construit à vue (le bureau devient peu à peu un galion) et la fin est nette (les clercs finissent par tomber du bord du monde).
Partir du quotidien et surligner. On traite un fait ordinaire ; le traitement le rend remarquable en disant « c’est ça qui compte » (l’attente du coup de fil, pas le coup de fil). Ce surlignage doit ensuite orienter la suite.
Entrées & sorties. Pour un mini-traitement, l’entrée et le retour sont francs (cut). Pour un traitement long, l’entrée peut se construire à vue, mais la fin doit être nette.
Vidéos (dossier Drive) : Monty Python — The Crimson Permanent Assurance (le glissement complet) ; Bref — On était des gamins (rythme, voix intérieure, surlignage).
Échauffement
A) Le métier-univers
6’Dispositif :
- En cercle. Une personne lance un métier (« dentiste »), la suivante propose un univers de transposition (« …c’est de la spéléologie ») et un geste qui l’incarne.
- Enchaîner vite, sans valider la « justesse » : on cherche le volume d’idées.
B) La machine métaphorique
9’Dispositif :
- Un·e joueur·euse entre et fait un geste répété + un son. Les autres s’ajoutent un·e à un·e pour former une machine collective.
- Le·la formateur·rice nomme alors ce que la machine « fabrique » (« c’est l’administration », « c’est l’amour ») : la machine se laisse recolorer par ce sens.
C) Transformer le lieu
10’Dispositif :
- Un lieu banal est installé (une salle d’attente). Au signal, le groupe le transforme collectivement en un autre univers (un champ de bataille, une jungle), par le corps et le son, sans un mot.
- Puis on revient au lieu de départ. On observe ce qui « reste » de la transformation.
Exercices
A) Le glissement de situation
18’Dispositif :
- On définit une situation réaliste (un bureau des impôts) et un univers de transposition (la piraterie).
- La scène pose d’abord le réel (2–3 répliques d’impôts bien installées), puis glisse : le jeu, les émotions, l’espace deviennent la piraterie, mais on continue de parler d’impôts.
B) Les trois temps, décomposés
16’Dispositif :
- Même duo, scène neuve. Le·la formateur·rice annonce les temps à voix haute :
- Poser le réel, clairement : qui, où, quoi. On doit croire à la scène ordinaire avant tout glissement.
- On glisse dans la métaphore. C’est là qu’on dit l’indicible : la peur, le désir, la violence que la scène réaliste taisait.
- On revient à la scène de départ. Les personnages sont changés par ce qui vient de se jouer.
C) L’art de la trace
16’Dispositif :
- On rejoue uniquement le temps 3 de scènes déjà basculées. Consigne : glisser deux ou trois traces de l’univers métaphorique, pas plus.
- Les traces peuvent être un objet détourné (le coupe-papier-épée), un détail du corps (un cache-œil « à cause d’une conjonctivite »), un élément d’espace (une flaque d’eau, une « fuite » au sol).
Jeu — Les traitements joués en grand
Mini-numéros de traitement
30’Mise en place :
- On forme des sous-groupes. Chacun reçoit (ou tire) une situation réaliste et choisit son univers de transposition.
- Quelques minutes pour se mettre d’accord sur le sujet et l’image — pas pour écrire la scène.
- Chaque sous-groupe joue son traitement complet devant les autres : mise en place, bascule, retour avec traces.
- On a cru à la scène réaliste avant le glissement.
- La métaphore a dit quelque chose que le réel taisait.
- Le retour porte 2–3 traces, ni zéro ni dix.
- Découpe : si c’est court, entrée et sortie cut ; si c’est long, entrée à vue possible mais fin nette.
Conclusion
Points clés à retenir :
Rituel de fin : clap collectif.
Récapitulatif
| Partie | Contenu | Durée | Format |
|---|---|---|---|
| Préambule | Les trois temps & le modèle comptables-pirates | 5’ | Théorie |
| Échauffement A | Le métier-univers | 6’ | Cercle |
| Échauffement B | La machine métaphorique | 9’ | Groupe |
| Échauffement C | Transformer le lieu | 10’ | Groupe |
| Exercice A | Le glissement de situation | 18’ | Duos |
| Exercice B | Les trois temps, décomposés | 16’ | Duos |
| Exercice C | L’art de la trace | 16’ | Duos |
| Jeu | Les traitements joués en grand | 30’ | Sous-groupes |
| Conclusion | Points clés + rituel | 10’ | Collectif |
Annexe
- 1. Mise en place : on pose le réel clairement (qui, où, quoi). On y croit.
- 2. Bascule onirique : la scène glisse dans la métaphore filée et dit l’indicible.
- 3. Retour avec traces : on revient au réel ; 2–3 traces fines prolongent la métaphore.
- Le bureau des impôts → la piraterie / l’abordage.
- Un rendez-vous Tinder → un entretien d’embauche militaire.
- Une réunion de copropriété → un procès d’assises.
- Un cours de fitness → un dressage d’animaux de cirque.
- Le service clientèle téléphonique → une séance de spiritisme.
- Une consultation chez le dentiste → un interrogatoire d’espionnage.
- Faire les courses → une expédition de survie en montagne.
- Objet détourné : un coupe-papier brandi comme une épée.
- Détail du corps : un cache-œil, une démarche qui boite, une main qui tremble.
- Élément d’espace : une flaque d’eau au sol, une chaise renversée, une « fuite » inexpliquée.
- Langage : un mot de l’univers métaphorique qui « échappe » dans une réplique.
- Mini-traitement : entrée et retour francs (cut) — on bascule et on revient sans transition.
- Traitement long & complexe : entrée qui se construit à vue (le réel se métamorphose progressivement), mais fin nette.
- Monty Python — The Crimson Permanent Assurance : les comptables-pirates, modèle du glissement complet d’une scène.
- Bref — On était des gamins : rythme, voix intérieure et surlignage de ce qui compte.
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