Cours-Type : libre - Introduction au long format
Introduction au long format
Préambule
Ce cours pose trois fondations pour le travail du long format :
Une histoire longue s’articule autour de quatre grandes étapes :
- Plateforme : la normalité. Qui sont ces gens ? Comment vivent-iels ? Quelles sont leurs relations ? Le public doit avoir le temps de s’attacher.
- Bascule : l’événement qui bouleverse la normalité. Tout change à partir de là.
- Montagnes russes : accumulation d’obstacles, de choix, d’ennuis. Le personnage est testé.
- Plateforme finale : le nouvel équilibre. Le personnage n’est plus le·la même qu’au début.
Enjeu pédagogique majeur : résister à l’envie de se précipiter vers la bascule. La plateforme doit être construite patiemment.
Le public a viscéralement besoin de se connecter à un·e protagoniste pour vivre l’histoire à travers lui·elle. Le piège fréquent en long format : multiplier les intrigues et les personnages secondaires au point de perdre de vue le personnage principal.
- Appel extérieur : l’intrigue, l’action physique. « Qu’est-ce que le héros veut faire ? »
- Appel intérieur : la réflexion intime, le ressenti. « Qu’est-ce que le héros a besoin de comprendre ? »
C’est l’écoute des appels intérieurs qui garantit la captation du public : les spectateur·rice·s s’intéressent avant tout à l’arc émotionnel et aux modifications des relations humaines, bien plus qu’à une simple succession de péripéties.
Échauffement
A) L’histoire mot à mot
10 minDéroulement :
- En cercle. Le groupe raconte une histoire un mot à la fois, chaque personne ajoutant le mot suivant à tour de rôle.
- L’objectif est de construire des phrases complètes et une histoire cohérente — pas de chercher à être drôle ou surprenant·e.
- Tour 1 : Mot à mot, en cercle fixe.
- Tour 2 : Phrase à phrase — chaque personne ajoute une phrase entière. Le rythme ralentit, les détails apparaissent.
- Tour 3 : Imposer la structure « Il était une fois / Tous les jours / Mais un jour... » — c’est la même structure que l’exercice suivant, mais en mode détendu.
B) Crève !
10 minMise en place :
- Trois comédien·ne·s aligné·e·s face au groupe. Iels doivent raconter une histoire à tour de rôle (un mot, une phrase ou un segment chacun·e) en suivant la structure narrative classique.
→ « Et à cause de ça... » → « Et à cause de ça... » → « Jusqu’à ce que finalement... »
La règle fatale :
- À la moindre hésitation, ou si la proposition est trop intellectuelle (on sent que la personne essaie d’être « bonne »), le·la formateur·rice crie « CRÈVE ! »
- Les trois joueur·se·s sont instantanément éliminé·e·s et remplacé·e·s par trois autres qui recommencent une nouvelle histoire.
- Rythme rapide. Les éliminations doivent être fréquentes au début — c’est le but.
Ce qui se passe :
- La pression extrême élimine le temps de réflexion. Les comédien·ne·s deviennent soudainement très spontané·e·s, proposant des idées simples et évidentes.
- Au bout de quelques tours, le groupe intègre physiquement la structure narrative : iels savent quand la plateforme est posée, quand la bascule doit arriver, quand il faut accumuler les ennuis.
C) Le muscle de la variété — Scènes de 20 secondes
10 minDéroulement :
- Série de scènes très courtes : 20 secondes maximum.
- Dès que le·la formateur·rice dit « Stop », une nouvelle scène démarre immédiatement.
- La seule consigne pour les nouveaux·elles entrant·e·s : apporter une différence immédiate par rapport à la scène précédente.
Exemples de contrastes :
• Scène 1 bruyante et chaotique → Scène 2 silencieuse et immobile
• Scène 1 duo intime → Scène 2 mouvement de foule
• Scène 1 joyeuse et légère → Scène 2 grave et tendue
• Scène 1 en mouvement perpétuel → Scène 2 totalement statique
Exercices
A) Jouer la plateforme
35 minPrincipe général :
- Duos. Les deux élèves jouent une scène où tout va bien, d’un ton très détendu et quotidien.
- Consigne supplémentaire : iels doivent pratiquer une activité physique continue (creuser un trou, peindre un mur, plier du linge, faire la vaisselle, jardiner) tout en discutant de tout autre chose (leurs vacances, un film, un souvenir d’enfance).
- Interdit de créer un problème. Pas de bascule, pas de conflit, pas de rebondissement. Juste deux personnes qui vivent.
- Faire passer 3–4 duos, environ 3–4 minutes chacun.
- L’activité physique doit rester précise et continue — elle occupe l’esprit et aide à se détendre.
- Après chaque duo, demander au groupe : « Qu’avez-vous appris sur ces deux personnes ? Leur relation, leur caractère, leurs habitudes ? »
- Reprendre 2–3 duos. Cette fois, le·la formateur·rice peut glisser des consignes en cours de scène :
- « Parlez de quelqu’un qui n’est pas là. » → on découvre le réseau de relations.
- « Parlez d’un souvenir commun. » → on découvre l’histoire partagée.
- « L’un·e de vous a un petit truc qui le·la tracasse, sans que ce soit grave. » → on sent le germe d’un appel intérieur.
- Reprendre 2 duos. Cette fois, la consigne change : « Vous jouez la plateforme. Quand vous sentez que le public connaît suffisamment vos personnages, l’un·e de vous déclenche la bascule. »
- Observer : est-ce que la bascule arrive trop tôt ? Trop tard ? Est-ce qu’elle a plus d’impact quand la plateforme est solide ?
- Le groupe juge : « Aviez-vous eu le temps de vous attacher aux personnages quand la bascule est arrivée ? »
B) La machine à ennuis
10 minMise en place :
- Un·e protagoniste est établi·e dans une scène avec un objectif clair (organiser une fête surprise, réparer le toit avant la tempête, préparer un discours de mariage, retrouver un objet perdu avant le retour de quelqu’un).
- Les joueur·se·s sur le banc ont pour seule mission d’entrer et de créer des obstacles ou des problèmes pour le·la protagoniste.
- L’objectif reste le même du début à la fin.
- Face à chaque obstacle, iel doit faire un choix concret : mentir, fuir, négocier, affronter, demander de l’aide, sacrifier quelque chose.
- Interdit de contourner le conflit. On l’affronte.
- Chaque entrée apporte UN problème clair (pas trois à la fois).
- Le problème peut être physique (un objet cassé, une personne qui débarque) ou émotionnel (une révélation, un reproche, un secret).
- Laisser le temps au·à la protagoniste de réagir avant d’ajouter un nouvel obstacle.
Faire passer 1–2 protagonistes, environ 4–5 minutes chacun·e.
C) Transitions cinématographiques
10 minEn long format, l’acteur·rice devient aussi metteur·se en scène. La faiblesse la plus courante des improvisateur·rice·s : laisser les scènes s’étirer. Cet exercice donne les outils pour l’éviter.
- Un·e joueur·se hors scène traverse le plateau d’un bord à l’autre, bras étendu. Les comédien·ne·s en scène sortent immédiatement.
- Nouvelle scène, nouveau lieu, nouveau moment.
- Entraînement : Lancer une scène. Dès que le·la formateur·rice sent que l’objectif dramatique est atteint, iel dit « Sweep ! ». Les élèves intègrent le réflexe.
- Puis, progressivement, ce sont les élèves eux·elles-mêmes qui décident du balayage.
- Deux lieux joués en simultané sur le plateau (côté cour / côté jardin).
- Le focus bascule de l’un à l’autre : quand un côté joue, l’autre se fige.
- Entraînement : Duo à gauche, duo à droite. Le·la formateur·rice alterne le focus. Les joueur·se·s apprennent à reprendre exactement là où iels s’étaient arrêté·e·s.
- Variante avancée : les élèves gèrent eux·elles-mêmes le focus en reprenant la parole.
- Un·e joueur·se hors scène entre pour jouer un souvenir d’un personnage présent.
- Signal clair : la personne qui initie le flash-back s’avance en disant « Je me souviens... » ou en répétant une phrase-clé de la scène en cours.
- Entraînement : Un duo joue. À tout moment, une personne du banc peut initier un flash-back. La scène originale reprend quand le flash-back est terminé (signal : retour à la position de départ).
Mise en pratique rapide :
- Lancer une scène. Les élèves ne peuvent changer de scène qu’en utilisant l’une des trois techniques. Enchaîner 3–4 scènes en variant les transitions.
Jeu
Long format guidé — « Première tentative »
20–25 minMise en place :
- Tout le groupe participe (8–10 personnes idéalement).
- Demander au public une suggestion simple : un lieu quotidien (une boulangerie, un cabinet médical, une salle des profs, un garage).
- Annoncer : « On va construire une histoire de 15 à 20 minutes. Pas un sketch. Une histoire. »
- Rappeler : « On pose la normalité. Qui sont ces gens, comment iels vivent, quelles sont leurs relations. Pas de problème. Pas encore. »
- Un·e protagoniste doit émerger naturellement (la personne dont on apprend le plus sur la vie intérieure).
- Si ça patine : le·la formateur·rice peut murmurer « Prenez votre temps » ou « On reste dans la normalité ».
- Dès que la plateforme est solide, quelqu’un provoque la bascule : un événement qui change tout pour le·la protagoniste.
- Si personne n’ose : le·la formateur·rice peut murmurer « C’est le moment. Quelque chose change. »
- Les ennuis s’accumulent. Le·la protagoniste fait des choix. Des scènes s’enchaînent.
- Encourager l’utilisation des transitions vues : sweep, écran divisé, flash-back.
- Rappeler (si nécessaire) : varier le rythme, alterner scènes intenses et moments calmes.
- Encourager les appels intérieurs : « Qu’est-ce que le personnage ressent en ce moment ? »
- L’histoire trouve sa résolution. Le personnage atteint un nouvel équilibre (ou pas — mais quelque chose a changé en lui·elle).
- Si la fin tarde : le·la formateur·rice peut murmurer « Comment cette histoire se termine ? »
Conclusion
Résumé des points clés :
Annoncer le cours suivant. Rituel de fin : clap collectif.
Récapitulatif
| Partie | Contenu | Durée | Format |
|---|---|---|---|
| Préambule | Architecture narrative + protagoniste + appels intérieurs/extérieurs | 5’ | Théorie |
| Échauffement A | L’histoire mot à mot | 10’ | Cercle / collectif |
| Échauffement B | Crève ! (structure narrative sous pression) | 10’ | Trios / collectif |
| Échauffement C | Le muscle de la variété — scènes de 20 secondes | 10’ | Collectif |
| Exercice A | Jouer la plateforme (3 phases progressives) | 35’ | Duos |
| Exercice B | La machine à ennuis (protagoniste + obstacles) | 10’ | Groupe |
| Exercice C | Transitions cinématographiques (sweep, écran divisé, flash-back) | 10’ | Duos / groupe |
| Jeu | Long format guidé — « Première tentative » | 20–25’ | Groupe complet |
| Conclusion | Résumé et rituel de fin | 5’ | Collectif |
Introduction au long format
Préambule
Ce cours pose trois fondations pour le travail du long format :
Une histoire longue s’articule autour de quatre grandes étapes :
- Plateforme : la normalité. Qui sont ces gens ? Comment vivent-iels ? Quelles sont leurs relations ? Le public doit avoir le temps de s’attacher.
- Bascule : l’événement qui bouleverse la normalité. Tout change à partir de là.
- Montagnes russes : accumulation d’obstacles, de choix, d’ennuis. Le personnage est testé.
- Plateforme finale : le nouvel équilibre. Le personnage n’est plus le·la même qu’au début.
Enjeu pédagogique majeur : résister à l’envie de se précipiter vers la bascule. La plateforme doit être construite patiemment.
Le public a viscéralement besoin de se connecter à un·e protagoniste pour vivre l’histoire à travers lui·elle. Le piège fréquent en long format : multiplier les intrigues et les personnages secondaires au point de perdre de vue le personnage principal.
- Appel extérieur : l’intrigue, l’action physique. « Qu’est-ce que le héros veut faire ? »
- Appel intérieur : la réflexion intime, le ressenti. « Qu’est-ce que le héros a besoin de comprendre ? »
C’est l’écoute des appels intérieurs qui garantit la captation du public : les spectateur·rice·s s’intéressent avant tout à l’arc émotionnel et aux modifications des relations humaines, bien plus qu’à une simple succession de péripéties.
Échauffement
A) L’histoire mot à mot
10 minDéroulement :
- En cercle. Le groupe raconte une histoire un mot à la fois, chaque personne ajoutant le mot suivant à tour de rôle.
- L’objectif est de construire des phrases complètes et une histoire cohérente — pas de chercher à être drôle ou surprenant·e.
- Tour 1 : Mot à mot, en cercle fixe.
- Tour 2 : Phrase à phrase — chaque personne ajoute une phrase entière. Le rythme ralentit, les détails apparaissent.
- Tour 3 : Imposer la structure « Il était une fois / Tous les jours / Mais un jour... » — c’est la même structure que l’exercice suivant, mais en mode détendu.
B) Crève !
10 minMise en place :
- Trois comédien·ne·s aligné·e·s face au groupe. Iels doivent raconter une histoire à tour de rôle (un mot, une phrase ou un segment chacun·e) en suivant la structure narrative classique.
→ « Et à cause de ça... » → « Et à cause de ça... » → « Jusqu’à ce que finalement... »
La règle fatale :
- À la moindre hésitation, ou si la proposition est trop intellectuelle (on sent que la personne essaie d’être « bonne »), le·la formateur·rice crie « CRÈVE ! »
- Les trois joueur·se·s sont instantanément éliminé·e·s et remplacé·e·s par trois autres qui recommencent une nouvelle histoire.
- Rythme rapide. Les éliminations doivent être fréquentes au début — c’est le but.
Ce qui se passe :
- La pression extrême élimine le temps de réflexion. Les comédien·ne·s deviennent soudainement très spontané·e·s, proposant des idées simples et évidentes.
- Au bout de quelques tours, le groupe intègre physiquement la structure narrative : iels savent quand la plateforme est posée, quand la bascule doit arriver, quand il faut accumuler les ennuis.
C) Le muscle de la variété — Scènes de 20 secondes
10 minDéroulement :
- Série de scènes très courtes : 20 secondes maximum.
- Dès que le·la formateur·rice dit « Stop », une nouvelle scène démarre immédiatement.
- La seule consigne pour les nouveaux·elles entrant·e·s : apporter une différence immédiate par rapport à la scène précédente.
Exemples de contrastes :
• Scène 1 bruyante et chaotique → Scène 2 silencieuse et immobile
• Scène 1 duo intime → Scène 2 mouvement de foule
• Scène 1 joyeuse et légère → Scène 2 grave et tendue
• Scène 1 en mouvement perpétuel → Scène 2 totalement statique
Exercices
A) Jouer la plateforme
35 minPrincipe général :
- Duos. Les deux élèves jouent une scène où tout va bien, d’un ton très détendu et quotidien.
- Consigne supplémentaire : iels doivent pratiquer une activité physique continue (creuser un trou, peindre un mur, plier du linge, faire la vaisselle, jardiner) tout en discutant de tout autre chose (leurs vacances, un film, un souvenir d’enfance).
- Interdit de créer un problème. Pas de bascule, pas de conflit, pas de rebondissement. Juste deux personnes qui vivent.
- Faire passer 3–4 duos, environ 3–4 minutes chacun.
- L’activité physique doit rester précise et continue — elle occupe l’esprit et aide à se détendre.
- Après chaque duo, demander au groupe : « Qu’avez-vous appris sur ces deux personnes ? Leur relation, leur caractère, leurs habitudes ? »
- Reprendre 2–3 duos. Cette fois, le·la formateur·rice peut glisser des consignes en cours de scène :
- « Parlez de quelqu’un qui n’est pas là. » → on découvre le réseau de relations.
- « Parlez d’un souvenir commun. » → on découvre l’histoire partagée.
- « L’un·e de vous a un petit truc qui le·la tracasse, sans que ce soit grave. » → on sent le germe d’un appel intérieur.
- Reprendre 2 duos. Cette fois, la consigne change : « Vous jouez la plateforme. Quand vous sentez que le public connaît suffisamment vos personnages, l’un·e de vous déclenche la bascule. »
- Observer : est-ce que la bascule arrive trop tôt ? Trop tard ? Est-ce qu’elle a plus d’impact quand la plateforme est solide ?
- Le groupe juge : « Aviez-vous eu le temps de vous attacher aux personnages quand la bascule est arrivée ? »
B) La machine à ennuis
10 minMise en place :
- Un·e protagoniste est établi·e dans une scène avec un objectif clair (organiser une fête surprise, réparer le toit avant la tempête, préparer un discours de mariage, retrouver un objet perdu avant le retour de quelqu’un).
- Les joueur·se·s sur le banc ont pour seule mission d’entrer et de créer des obstacles ou des problèmes pour le·la protagoniste.
- L’objectif reste le même du début à la fin.
- Face à chaque obstacle, iel doit faire un choix concret : mentir, fuir, négocier, affronter, demander de l’aide, sacrifier quelque chose.
- Interdit de contourner le conflit. On l’affronte.
- Chaque entrée apporte UN problème clair (pas trois à la fois).
- Le problème peut être physique (un objet cassé, une personne qui débarque) ou émotionnel (une révélation, un reproche, un secret).
- Laisser le temps au·à la protagoniste de réagir avant d’ajouter un nouvel obstacle.
Faire passer 1–2 protagonistes, environ 4–5 minutes chacun·e.
C) Transitions cinématographiques
10 minEn long format, l’acteur·rice devient aussi metteur·se en scène. La faiblesse la plus courante des improvisateur·rice·s : laisser les scènes s’étirer. Cet exercice donne les outils pour l’éviter.
- Un·e joueur·se hors scène traverse le plateau d’un bord à l’autre, bras étendu. Les comédien·ne·s en scène sortent immédiatement.
- Nouvelle scène, nouveau lieu, nouveau moment.
- Entraînement : Lancer une scène. Dès que le·la formateur·rice sent que l’objectif dramatique est atteint, iel dit « Sweep ! ». Les élèves intègrent le réflexe.
- Puis, progressivement, ce sont les élèves eux·elles-mêmes qui décident du balayage.
- Deux lieux joués en simultané sur le plateau (côté cour / côté jardin).
- Le focus bascule de l’un à l’autre : quand un côté joue, l’autre se fige.
- Entraînement : Duo à gauche, duo à droite. Le·la formateur·rice alterne le focus. Les joueur·se·s apprennent à reprendre exactement là où iels s’étaient arrêté·e·s.
- Variante avancée : les élèves gèrent eux·elles-mêmes le focus en reprenant la parole.
- Un·e joueur·se hors scène entre pour jouer un souvenir d’un personnage présent.
- Signal clair : la personne qui initie le flash-back s’avance en disant « Je me souviens... » ou en répétant une phrase-clé de la scène en cours.
- Entraînement : Un duo joue. À tout moment, une personne du banc peut initier un flash-back. La scène originale reprend quand le flash-back est terminé (signal : retour à la position de départ).
Mise en pratique rapide :
- Lancer une scène. Les élèves ne peuvent changer de scène qu’en utilisant l’une des trois techniques. Enchaîner 3–4 scènes en variant les transitions.
Jeu
Long format guidé — « Première tentative »
20–25 minMise en place :
- Tout le groupe participe (8–10 personnes idéalement).
- Demander au public une suggestion simple : un lieu quotidien (une boulangerie, un cabinet médical, une salle des profs, un garage).
- Annoncer : « On va construire une histoire de 15 à 20 minutes. Pas un sketch. Une histoire. »
- Rappeler : « On pose la normalité. Qui sont ces gens, comment iels vivent, quelles sont leurs relations. Pas de problème. Pas encore. »
- Un·e protagoniste doit émerger naturellement (la personne dont on apprend le plus sur la vie intérieure).
- Si ça patine : le·la formateur·rice peut murmurer « Prenez votre temps » ou « On reste dans la normalité ».
- Dès que la plateforme est solide, quelqu’un provoque la bascule : un événement qui change tout pour le·la protagoniste.
- Si personne n’ose : le·la formateur·rice peut murmurer « C’est le moment. Quelque chose change. »
- Les ennuis s’accumulent. Le·la protagoniste fait des choix. Des scènes s’enchaînent.
- Encourager l’utilisation des transitions vues : sweep, écran divisé, flash-back.
- Rappeler (si nécessaire) : varier le rythme, alterner scènes intenses et moments calmes.
- Encourager les appels intérieurs : « Qu’est-ce que le personnage ressent en ce moment ? »
- L’histoire trouve sa résolution. Le personnage atteint un nouvel équilibre (ou pas — mais quelque chose a changé en lui·elle).
- Si la fin tarde : le·la formateur·rice peut murmurer « Comment cette histoire se termine ? »
Conclusion
Résumé des points clés :
Annoncer le cours suivant. Rituel de fin : clap collectif.
Récapitulatif
| Partie | Contenu | Durée | Format |
|---|---|---|---|
| Préambule | Architecture narrative + protagoniste + appels intérieurs/extérieurs | 5’ | Théorie |
| Échauffement A | L’histoire mot à mot | 10’ | Cercle / collectif |
| Échauffement B | Crève ! (structure narrative sous pression) | 10’ | Trios / collectif |
| Échauffement C | Le muscle de la variété — scènes de 20 secondes | 10’ | Collectif |
| Exercice A | Jouer la plateforme (3 phases progressives) | 35’ | Duos |
| Exercice B | La machine à ennuis (protagoniste + obstacles) | 10’ | Groupe |
| Exercice C | Transitions cinématographiques (sweep, écran divisé, flash-back) | 10’ | Duos / groupe |
| Jeu | Long format guidé — « Première tentative » | 20–25’ | Groupe complet |
| Conclusion | Résumé et rituel de fin | 5’ | Collectif |
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