Dramaturige classique & 3 registres de jeu
Dramaturgie classique & Registres de jeu
Préambule
Ce cours repose sur deux piliers :
Le grand principe de la dramaturgie classique tient en une phrase : séparer ce qui doit être réuni, et réunir ce qui doit être séparé. Deux amoureux·ses qu’on empêche de se retrouver, deux ennemis·es forcé·e·s de cohabiter : la tension naît toujours de cet écart entre ce que les personnages veulent et ce que la situation impose. En improvisation, dès qu’on crée cet écart, l’histoire se met en mouvement toute seule.
Une fois la tension créée, reste à savoir comment la jouer. Le même enjeu peut être interprété de trois manières :
- Jeu sincère : on croit vraiment à ce qui se passe. L’enjeu est traité comme réel.
- Sous-jeu : on baisse le curseur émotionnel. Le texte reste le même, mais le ton est désengagé, presque blasé. C’est une résistance à l’enjeu — et c’est souvent là que naît l’absurde ou le comique de situation.
- Sur-jeu : on pousse le curseur au maximum. Tragédie, opéra, théâtre antique. Chaque geste est vital.
Échauffement
A) 1-2-3-4 remplacement par des gestes
10 minMise en place :
- Tout le monde debout, en cercle. Le groupe compte à voix haute ensemble : 1 – 2 – 3 – 4.
- Étape 1 : le 1 devient un clap dans les mains → 👏 – 2 – 3 – 4
- Étape 2 : le 2 devient une tape sur le torse → 👏 – 🤚(torse) – 3 – 4
- Étape 3 : le 3 devient une tape sur la cuisse → 👏 – 🤚 – 🦵 – 4
- Étape 4 : le 4 devient une tape du pied → 👏 – 🤚 – 🦵 – 🦶
Plus aucun chiffre, que des gestes.
- On enlève les gestes dans l’ordre inverse et on remet les chiffres, progressivement, jusqu’à retrouver 1 – 2 – 3 – 4.
- Boucle bouclée — on peut continuer en boucle !
Règles :
- Tout le monde reste synchronisé. On continue même quand ça déraille. On garde le rythme, pas de pause pour réfléchir.
B) Avancer, reculer ou ne rien faire
10 minDéroulement :
- Duos face à face, à environ 2 mètres.
- À tour de rôle, chaque personne choisit une seule action parmi trois : un pas en avant, un pas en arrière, ou ne rien faire.
- L’exercice se joue en silence total. Continuer jusqu’à ce que la scène ait trouvé un point de bascule (rencontre, rupture, blocage).
- Faire passer 2–3 duos. Entre chaque passage : « Quelle histoire s’est racontée ? Quels moments étaient les plus tendus ? »
Variante :
- « Vous vous aimez éperdument, mais si vous vous touchez, vous mourez. » L’obstacle n’est pas l’espace — c’est la peur.
C) Distance fixe
5 minMise en place :
- Duos. Les deux personnes se déplacent dans la pièce en maintenant un espace fixe d’environ deux mètres entre elles.
Le jeu :
- Le jeu consiste à négocier les échanges du majeur et du mineur : qui mène, qui suit, et quand cela bascule.
- Certains des moments les plus intéressants sont ceux où aucune des deux personnes ne sait qui est en majeur.
- Les joueur·se·s inexpérimenté·e·s transforment souvent le jeu en un va-et-vient ennuyeux. Pour que ça devienne intéressant, il faut apprendre à « se mettre dans la merde » : il faut travailler très dur pour se rattraper. C’est de là que vient la spontanéité, et c’est à ce moment que la scène devient fascinante.
- On contrôle tou·te·s les deux l’action en même temps — c’est donc à vous deux de construire l’action entre vous.
Exercices
A) Distance fixe 2.0
20 minPrincipe :
- Même base que « Distance fixe » (deux mètres entre les deux personnes), mais on place le jeu dans des situations concrètes.
Déroulement :
- A aide B à ranger la pièce.
- A et B essaient de décider où placer les meubles.
- A et B essaient de décider où s’asseoir dans un train.
L’action deviendra probablement très drôle, surtout si aucun·e des deux ne semble capable de prendre une décision.
- Un couple en lune de miel le premier soir ensemble. → l’action deviendra ridicule
- Deux personnes en pleine dispute. → l’action deviendra dérangeante ou poignante
- Deux personnes qui essaient de se quitter. → séparer ce qui doit être réuni
N’importe quel texte se superpose confortablement à ce conflit, à condition qu’il soit joué avec subtilité.
- Espace intime (une poignée de main) : grande vulnérabilité, mouvements subtils, presque impossible de garder l’espace avec précision car on est trop proche pour se voir clairement.
- Espace immense (quatre mètres) : les enjeux sont élevés à une hauteur immense. Quelque chose de vraiment important a dû se passer entre ces deux personnes pour qu’elles réagissent si fortement à la simple vue l’une de l’autre. On touche des niveaux d’intensité proches de la tragédie grecque — mais si le conflit concerne un retard en cours, la situation sera très amusante.
- Deux mètres (la distance de base) : idéale pour une action vigoureuse, chacun·e ayant juste assez d’espace pour se voir de la tête aux pieds.
B) La même phrase, trois thermostats
15–20 minMise en place :
- Tout le monde en cercle. Chaque personne prépare une phrase avec un enjeu clair (urgence, danger, amour, conflit, révélation).
Exemples de phrases :
« Il est en train de faire une crise cardiaque, il faut appeler les secours. »
« Si tu pars maintenant, je ne te pardonnerai jamais. »
« J’ai découvert ton secret. »
- À tour de rôle, chaque personne s’adresse à quelqu’un dans le cercle.
- Elle dit sa phrase en jeu sincère : on croit vraiment à ce qui se passe, on traite l’enjeu comme réel et important.
- Même tour, même ordre, exactement la même phrase.
- Ton désengagé, presque blasé, émotion minimisée.
- Ex : « Oh… je crois qu’il fait une crise cardiaque… faudrait peut-être appeler les secours… »
- Encore une fois tout le cercle. Même phrase. Même enjeu.
- Intensité maximale, tragédie, opéra, théâtre antique.
- Ex : « Ô mon Dieu !!! Il est en train de faire une crise cardiaque !!! Appelez les secours !!! »
Règles :
- Le texte ne change pas (ou presque). L’enjeu ne change pas. Seule l’intensité change.
- Le sous-jeu ne doit pas être ironique. Le sur-jeu doit être assumé, pas moqué.
C) Le Thermostat
20–25 minMise en place :
- Former des duos ou trios.
- Donner une situation avec un enjeu clair et sérieux, idéalement construite sur le principe de séparation/réunion :
Situations suggérées :
• Deux chirurgien·ne·s en pleine opération délicate. (réunir ce qui doit être séparé : deux personnes qui ne s’entendent pas, forcées de coopérer)
• Deux ami·e·s se retrouvent à l’aéroport après 10 ans. (réunir ce qui a été séparé)
• Un couple prépare le dîner, mais l’un va annoncer une rupture. (séparer ce qui est réuni)
• Deux voisin·e·s en conflit doivent porter un canapé ensemble. (réunir ce qui doit être séparé)
Déroulement :
- La scène démarre. Les joueur·se·s traitent la situation avec sérieux et engagement. L’enjeu est réel, crédible, assumé.
- Au signal du·de la formateur·rice : on garde le même texte, les mêmes actions, le même enjeu.
- Mais on baisse drastiquement l’implication émotionnelle. Jeu minimaliste, détaché, presque blasé.
- Ex : les chirurgien·ne·s opèrent mécaniquement tout en parlant calmement de leurs vacances.
- Nouveau signal. Toujours la même scène.
- On pousse l’intensité au maximum. Mélodrame total, tragédie antique.
- Chaque geste est vital, chaque décision est vécue comme une catastrophe ou une révélation.
- Le·la formateur·rice peut varier le thermostat plusieurs fois : sincère → sous-jeu → sur-jeu → sincère.
- Les changements doivent être immédiats et nets.
Règles essentielles :
- On ne change rien au fond, seulement le curseur. Pas de commentaire sur le jeu.
- Le sur-jeu doit rester assumé, pas ironique. Le sous-jeu doit rester lisible, pas mou.
Jeu
La même impro, trois registres
25–30 minDéroulement :
- Groupes de 3 à 5 personnes.
- Chaque groupe joue une improvisation d’environ 1 min 30.
- Iels doivent ensuite la rejouer 3 fois, dans cet ordre :
Jouer la scène avec engagement, crédibilité, sérieux. L’enjeu dramaturgique (séparer / réunir) doit être clair.
Même scène, même texte (autant que possible), mais curseur émotionnel au minimum. Observer comment le sous-jeu crée un décalage entre l’enjeu et l’interprétation.
Même scène encore, mais intensité maximale. Tragédie, opéra. Observer comment la même histoire devient complètement différente.
Situations suggérées (construites sur le principe séparer / réunir) :
- Une famille se retrouve pour Noël après une dispute. (réunir ce qui a été séparé)
- Un groupe de collègues apprend qu’un·e d’entre elleux va être transféré·e. (séparer ce qui est réuni)
- Deux ex se retrouvent coincé·e·s dans un ascenseur. (réunir ce qui doit être séparé)
- Un couple de meilleur·e·s ami·e·s dont l’un·e déménage à l’étranger. (séparer ce qui doit être réuni)
Conclusion
Résumé des points clés :
Annoncer le cours suivant. Rituel de fin : clap collectif.
Récapitulatif
| Partie | Contenu | Durée | Format |
|---|---|---|---|
| Préambule | Dramaturgie classique + 3 registres de jeu | 5’ | Théorie |
| Échauffement A | 1-2-3-4 remplacement par des gestes | 10’ | Cercle / collectif |
| Échauffement B | Avancer, reculer ou ne rien faire | 10’ | Duos |
| Échauffement C | Distance fixe | 5’ | Duos |
| Exercice A | Distance fixe 2.0 (situations) | 20’ | Duos |
| Exercice B | La même phrase, trois thermostats | 15–20’ | Cercle |
| Exercice C | Le Thermostat (scènes avec registres) | 20–25’ | Duos / trios |
| Jeu | La même impro, trois registres | 25–30’ | Groupes 3–5 |
| Conclusion | Résumé et rituel de fin | 5’ | Collectif |
Annexe — Pour aller plus loin
Ce cours complète la dramaturgie classique en explorant l’obstacle comme moteur de l’action dramatique. L’idée : une scène sans résistance est une scène sans vie.
- Obstacle externe : ce qui vient du monde extérieur (une porte fermée, un garde, une tempête, un rival). Le « Non » qui vient d’ailleurs.
- Obstacle interne : ce qui vient de soi (peur, culpabilité, secret, dilemme). Le personnage est son propre opposant.
Exercices clés de ce cours :
- Empêcher la sortie (obstacle externe) — Un·e sortant·e veut quitter la salle, un·e empêcheur·se doit le·la retenir par la seule force de ses propositions.
- Le Secret de Plomb (obstacle interne) — Situation banale (préparer un gâteau, ranger un garage) où un·e joueur·se porte un secret qui le·la freine sans jamais dire « non ».
Ce cours est prévu au T8 pour les avancé·e·s. La notion d’obstacle est une extension naturelle du principe « séparer / réunir » découvert aujourd’hui.
Dramaturgie classique & Registres de jeu
Préambule
Ce cours repose sur deux piliers :
Le grand principe de la dramaturgie classique tient en une phrase : séparer ce qui doit être réuni, et réunir ce qui doit être séparé. Deux amoureux·ses qu’on empêche de se retrouver, deux ennemis·es forcé·e·s de cohabiter : la tension naît toujours de cet écart entre ce que les personnages veulent et ce que la situation impose. En improvisation, dès qu’on crée cet écart, l’histoire se met en mouvement toute seule.
Une fois la tension créée, reste à savoir comment la jouer. Le même enjeu peut être interprété de trois manières :
- Jeu sincère : on croit vraiment à ce qui se passe. L’enjeu est traité comme réel.
- Sous-jeu : on baisse le curseur émotionnel. Le texte reste le même, mais le ton est désengagé, presque blasé. C’est une résistance à l’enjeu — et c’est souvent là que naît l’absurde ou le comique de situation.
- Sur-jeu : on pousse le curseur au maximum. Tragédie, opéra, théâtre antique. Chaque geste est vital.
Échauffement
A) 1-2-3-4 remplacement par des gestes
10 minMise en place :
- Tout le monde debout, en cercle. Le groupe compte à voix haute ensemble : 1 – 2 – 3 – 4.
- Étape 1 : le 1 devient un clap dans les mains → 👏 – 2 – 3 – 4
- Étape 2 : le 2 devient une tape sur le torse → 👏 – 🤚(torse) – 3 – 4
- Étape 3 : le 3 devient une tape sur la cuisse → 👏 – 🤚 – 🦵 – 4
- Étape 4 : le 4 devient une tape du pied → 👏 – 🤚 – 🦵 – 🦶
Plus aucun chiffre, que des gestes.
- On enlève les gestes dans l’ordre inverse et on remet les chiffres, progressivement, jusqu’à retrouver 1 – 2 – 3 – 4.
- Boucle bouclée — on peut continuer en boucle !
Règles :
- Tout le monde reste synchronisé. On continue même quand ça déraille. On garde le rythme, pas de pause pour réfléchir.
B) Avancer, reculer ou ne rien faire
10 minDéroulement :
- Duos face à face, à environ 2 mètres.
- À tour de rôle, chaque personne choisit une seule action parmi trois : un pas en avant, un pas en arrière, ou ne rien faire.
- L’exercice se joue en silence total. Continuer jusqu’à ce que la scène ait trouvé un point de bascule (rencontre, rupture, blocage).
- Faire passer 2–3 duos. Entre chaque passage : « Quelle histoire s’est racontée ? Quels moments étaient les plus tendus ? »
Variante :
- « Vous vous aimez éperdument, mais si vous vous touchez, vous mourez. » L’obstacle n’est pas l’espace — c’est la peur.
C) Distance fixe
5 minMise en place :
- Duos. Les deux personnes se déplacent dans la pièce en maintenant un espace fixe d’environ deux mètres entre elles.
Le jeu :
- Le jeu consiste à négocier les échanges du majeur et du mineur : qui mène, qui suit, et quand cela bascule.
- Certains des moments les plus intéressants sont ceux où aucune des deux personnes ne sait qui est en majeur.
- Les joueur·se·s inexpérimenté·e·s transforment souvent le jeu en un va-et-vient ennuyeux. Pour que ça devienne intéressant, il faut apprendre à « se mettre dans la merde » : il faut travailler très dur pour se rattraper. C’est de là que vient la spontanéité, et c’est à ce moment que la scène devient fascinante.
- On contrôle tou·te·s les deux l’action en même temps — c’est donc à vous deux de construire l’action entre vous.
Exercices
A) Distance fixe 2.0
20 minPrincipe :
- Même base que « Distance fixe » (deux mètres entre les deux personnes), mais on place le jeu dans des situations concrètes.
Déroulement :
- A aide B à ranger la pièce.
- A et B essaient de décider où placer les meubles.
- A et B essaient de décider où s’asseoir dans un train.
L’action deviendra probablement très drôle, surtout si aucun·e des deux ne semble capable de prendre une décision.
- Un couple en lune de miel le premier soir ensemble. → l’action deviendra ridicule
- Deux personnes en pleine dispute. → l’action deviendra dérangeante ou poignante
- Deux personnes qui essaient de se quitter. → séparer ce qui doit être réuni
N’importe quel texte se superpose confortablement à ce conflit, à condition qu’il soit joué avec subtilité.
- Espace intime (une poignée de main) : grande vulnérabilité, mouvements subtils, presque impossible de garder l’espace avec précision car on est trop proche pour se voir clairement.
- Espace immense (quatre mètres) : les enjeux sont élevés à une hauteur immense. Quelque chose de vraiment important a dû se passer entre ces deux personnes pour qu’elles réagissent si fortement à la simple vue l’une de l’autre. On touche des niveaux d’intensité proches de la tragédie grecque — mais si le conflit concerne un retard en cours, la situation sera très amusante.
- Deux mètres (la distance de base) : idéale pour une action vigoureuse, chacun·e ayant juste assez d’espace pour se voir de la tête aux pieds.
B) La même phrase, trois thermostats
15–20 minMise en place :
- Tout le monde en cercle. Chaque personne prépare une phrase avec un enjeu clair (urgence, danger, amour, conflit, révélation).
Exemples de phrases :
« Il est en train de faire une crise cardiaque, il faut appeler les secours. »
« Si tu pars maintenant, je ne te pardonnerai jamais. »
« J’ai découvert ton secret. »
- À tour de rôle, chaque personne s’adresse à quelqu’un dans le cercle.
- Elle dit sa phrase en jeu sincère : on croit vraiment à ce qui se passe, on traite l’enjeu comme réel et important.
- Même tour, même ordre, exactement la même phrase.
- Ton désengagé, presque blasé, émotion minimisée.
- Ex : « Oh… je crois qu’il fait une crise cardiaque… faudrait peut-être appeler les secours… »
- Encore une fois tout le cercle. Même phrase. Même enjeu.
- Intensité maximale, tragédie, opéra, théâtre antique.
- Ex : « Ô mon Dieu !!! Il est en train de faire une crise cardiaque !!! Appelez les secours !!! »
Règles :
- Le texte ne change pas (ou presque). L’enjeu ne change pas. Seule l’intensité change.
- Le sous-jeu ne doit pas être ironique. Le sur-jeu doit être assumé, pas moqué.
C) Le Thermostat
20–25 minMise en place :
- Former des duos ou trios.
- Donner une situation avec un enjeu clair et sérieux, idéalement construite sur le principe de séparation/réunion :
Situations suggérées :
• Deux chirurgien·ne·s en pleine opération délicate. (réunir ce qui doit être séparé : deux personnes qui ne s’entendent pas, forcées de coopérer)
• Deux ami·e·s se retrouvent à l’aéroport après 10 ans. (réunir ce qui a été séparé)
• Un couple prépare le dîner, mais l’un va annoncer une rupture. (séparer ce qui est réuni)
• Deux voisin·e·s en conflit doivent porter un canapé ensemble. (réunir ce qui doit être séparé)
Déroulement :
- La scène démarre. Les joueur·se·s traitent la situation avec sérieux et engagement. L’enjeu est réel, crédible, assumé.
- Au signal du·de la formateur·rice : on garde le même texte, les mêmes actions, le même enjeu.
- Mais on baisse drastiquement l’implication émotionnelle. Jeu minimaliste, détaché, presque blasé.
- Ex : les chirurgien·ne·s opèrent mécaniquement tout en parlant calmement de leurs vacances.
- Nouveau signal. Toujours la même scène.
- On pousse l’intensité au maximum. Mélodrame total, tragédie antique.
- Chaque geste est vital, chaque décision est vécue comme une catastrophe ou une révélation.
- Le·la formateur·rice peut varier le thermostat plusieurs fois : sincère → sous-jeu → sur-jeu → sincère.
- Les changements doivent être immédiats et nets.
Règles essentielles :
- On ne change rien au fond, seulement le curseur. Pas de commentaire sur le jeu.
- Le sur-jeu doit rester assumé, pas ironique. Le sous-jeu doit rester lisible, pas mou.
Jeu
La même impro, trois registres
25–30 minDéroulement :
- Groupes de 3 à 5 personnes.
- Chaque groupe joue une improvisation d’environ 1 min 30.
- Iels doivent ensuite la rejouer 3 fois, dans cet ordre :
Jouer la scène avec engagement, crédibilité, sérieux. L’enjeu dramaturgique (séparer / réunir) doit être clair.
Même scène, même texte (autant que possible), mais curseur émotionnel au minimum. Observer comment le sous-jeu crée un décalage entre l’enjeu et l’interprétation.
Même scène encore, mais intensité maximale. Tragédie, opéra. Observer comment la même histoire devient complètement différente.
Situations suggérées (construites sur le principe séparer / réunir) :
- Une famille se retrouve pour Noël après une dispute. (réunir ce qui a été séparé)
- Un groupe de collègues apprend qu’un·e d’entre elleux va être transféré·e. (séparer ce qui est réuni)
- Deux ex se retrouvent coincé·e·s dans un ascenseur. (réunir ce qui doit être séparé)
- Un couple de meilleur·e·s ami·e·s dont l’un·e déménage à l’étranger. (séparer ce qui doit être réuni)
Conclusion
Résumé des points clés :
Annoncer le cours suivant. Rituel de fin : clap collectif.
Récapitulatif
| Partie | Contenu | Durée | Format |
|---|---|---|---|
| Préambule | Dramaturgie classique + 3 registres de jeu | 5’ | Théorie |
| Échauffement A | 1-2-3-4 remplacement par des gestes | 10’ | Cercle / collectif |
| Échauffement B | Avancer, reculer ou ne rien faire | 10’ | Duos |
| Échauffement C | Distance fixe | 5’ | Duos |
| Exercice A | Distance fixe 2.0 (situations) | 20’ | Duos |
| Exercice B | La même phrase, trois thermostats | 15–20’ | Cercle |
| Exercice C | Le Thermostat (scènes avec registres) | 20–25’ | Duos / trios |
| Jeu | La même impro, trois registres | 25–30’ | Groupes 3–5 |
| Conclusion | Résumé et rituel de fin | 5’ | Collectif |
Annexe — Pour aller plus loin
Ce cours complète la dramaturgie classique en explorant l’obstacle comme moteur de l’action dramatique. L’idée : une scène sans résistance est une scène sans vie.
- Obstacle externe : ce qui vient du monde extérieur (une porte fermée, un garde, une tempête, un rival). Le « Non » qui vient d’ailleurs.
- Obstacle interne : ce qui vient de soi (peur, culpabilité, secret, dilemme). Le personnage est son propre opposant.
Exercices clés de ce cours :
- Empêcher la sortie (obstacle externe) — Un·e sortant·e veut quitter la salle, un·e empêcheur·se doit le·la retenir par la seule force de ses propositions.
- Le Secret de Plomb (obstacle interne) — Situation banale (préparer un gâteau, ranger un garage) où un·e joueur·se porte un secret qui le·la freine sans jamais dire « non ».
Ce cours est prévu au T8 pour les avancé·e·s. La notion d’obstacle est une extension naturelle du principe « séparer / réunir » découvert aujourd’hui.
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