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1 Status
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2 Dramaturgie classique & 3 registres de jeu
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3 Contes et légendes & Croisée
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4 Comique de situation & utilisation du silence
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5 Libre
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6 Tags et Trappeurs (reprise) & Editions de scène
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7 Jump réplique & Changement de sens & Carré hollandais
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8 Cabaret d'impro (impros courtes et moyennes) (préparation du spectacle, essai de catégories)
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9 Cabaret d'impro (impros courtes et moyennes) (préparation du spectacle, essai de catégories)
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10 Libre
Cours-type : Tags & trappeurs orientés éditions de scènes
Tags & Trappeurs (reprise)
& Éditions de scène
Préambule
En impro, une scène s’use vite. Quand on a dit ce qu’on avait à dire — ou avant de s’y noyer —, il faut couper : c’est l’édition. Éditer, c’est faire un choix dramaturgique : cette scène est finie, on passe ailleurs. Les techniques d’édition sont les outils qui permettent ce passage : tag, trappeur, wipe (balai), freeze, cut to, time dash, location dash, split screen, etc.
À IS, le tag et le trappeur sont silencieux : pas de toucher, pas de clap, pas de mot d’annonce. Le signal est physique (la position dans l’espace) et visuel (le regard qui désigne).
Tag. Une ou plusieurs personnes entrent et viennent se placer devant un ou plusieurs joueur·euse·s en scène. Les joueur·euse·s tagué·e·s (devant qui on s’est placé) sortent. Au moins un·e comédien·ne reste en scène avec son personnage : c’est la continuité de ce personnage qui fait le tag. Les entrant·e·s arrivent avec de nouveaux personnages (souvent évoqués dans la scène précédente, mais pas obligatoirement). L’univers, le lieu et le temps peuvent changer librement : c’est le personnage gardé qui assure le fil, pas le décor.
Trappeur. Une ou plusieurs personnes entrent devant le groupe en place. Tout le monde sort : c’est une nouvelle scène. Cette scène doit avoir un lien thématique avec la précédente, mais le lien peut rester implicite et se révéler plus tard. Elle peut se dérouler en parallèle ou à un autre moment, avec des personnages complètement différents. Le regard de l’entrant·e désigne vers les coulisses qui vient jouer cette nouvelle scène — on ne regarde que les personnes avec qui on va jouer.
TRAPPEUR : nouvelle scène liée thématiquement → tout le monde sort, personnages & temps libres
WIPE : passage en marchant → page tournée, nouvelle scène
MAIN LEVÉE : signal silencieux → la scène se termine en 5-10 secondes
Pour choisir entre tag et trappeur, posez-vous la question : qu’est-ce que je veux conserver de la scène précédente ?
Je garde un·e comédien·ne et son personnage (et je fais arriver un nouvel angle à côté de lui·d’elle) → tag. Le personnage gardé assure la continuité ; l’univers peut basculer.
Je garde une thématique, une couleur, une question (et je peux tout changer du reste) → trappeur.
Cette logique est proche de la distinction beats/threads développée par Brendon Culhane dans Harolds and Improv Coaching : le tag IS est un thread ancré sur un personnage, le trappeur un beat ancré sur un thème.
Focus du jour : revoir le tag et le trappeur version IS (souvent confondus), découvrir le wipe, et travailler la main levée comme outil principal de fin de scène.
Échauffement
A) Zip-Zap-Zop
7’Dispositif :
- Le groupe en cercle. Le formateur·rice envoie un « Zip » avec un geste tranchant des mains vers un·e participant·e en croisant son regard.
- Cette personne envoie « Zap » à quelqu’un d’autre, qui envoie « Zop » à un·e troisième. Le cycle reprend en boucle.
- Variante après deux tours : on peut ajouter un « Boing » (renvoi vers celle·celui qui a envoyé) ou un « Whoosh » (passage collectif autour du cercle).
B) Marche & occupation du plateau
8’Dispositif :
- Tout le monde marche dans la salle, neutre, à vitesse moyenne. Consigne : occuper l’espace en permanence (pas de paquets, pas de zones vides).
- Au « Stop » du formateur·rice, tout le monde se fige. Le groupe observe : où sont les trous, où sont les amas ? On repart, on rééquilibre.
- Au « Stop », le formateur·rice désigne une personne : elle sort, quelqu’un d’autre va se placer exactement à sa place. Le groupe se réorganise sans un mot.
- Répéter 4-5 fois avec des personnes différentes.
C) Freeze pédagogique (exercice importé)
10’Dispositif :
- Deux joueur·euse·s improvisent une courte scène physique (1’-2’ max). Le reste du groupe regarde, debout sur les côtés.
- Dès qu’un·e spectateur·rice repère une posture intéressante, iel crie « Freeze ! ». Les joueur·euse·s figent immédiatement.
- L’élève entre et se place devant la personne qu’iel veut remplacer, en reprenant la même posture (ou volontairement différente). La personne remplacée sort. Nouvelle scène, nouveau personnage, nouveau contexte — on réinvente tout à partir de l’image.
- Le freeze classique est différent du tag IS : ici on remplace les deux joueur·euse·s et on crée une scène entièrement nouvelle à partir de l’image. Dans le tag IS, on garde au moins un·e comédien·ne avec son personnage : c’est la continuité qui prime.
- Le « Freeze ! » oral est un outil pédagogique d’exercice, jamais un signal de spectacle. Ici, il sert à apprendre à lire les images et à oser couper.
Exercices
A) Reprise tag & trappeur — définitions IS
15’Dispositif :
- Le groupe se répartit en deux files de chaque côté du plateau. Deux ou trois joueur·euse·s ouvrent une scène courte avec des personnages clairement identifiés.
- Une personne entre et vient se placer devant un·e des joueur·euse·s. Silence, pas de toucher.
- La personne taguée sort. Au moins un·e comédien·ne reste avec son personnage : c’est ce personnage qui assure la continuité.
- L’entrant·e arrive avec un nouveau personnage. Le plus simple : un personnage qui a été évoqué dans la scène précédente (la patronne dont on parlait, le frère absent, etc.).
- L’univers, le lieu, le temps peuvent rester identiques ou basculer complètement : c’est le personnage gardé qui fait le fil.
- Une ou plusieurs personnes entrent devant le groupe en scène. Silence, pas de toucher, pas de clap.
- Tout le monde sort (édition totale). La nouvelle scène démarre avec l’entrant·e + les joueur·euse·s qu’iel a appelé·e·s par le regard depuis les coulisses.
- Le code du regard : on ne regarde que les personnes avec qui on va jouer (elles viennent rejoindre).
- La nouvelle scène doit avoir un lien thématique avec la précédente (couleur, question, motif) — même si ce lien n’est pas tout de suite explicite. Personnages différents, temps différent ou parallèle.
- Les élèves choisissent à chaque entrée. Le formateur·rice nomme à voix haute après coup : « C’était un tag (personnage X gardé) », « C’était un trappeur (lien : la perte) ». Aide la classe à identifier la différence dans le vif.
B) Le wipe (passage)
15’Dispositif :
- Deux joueur·euse·s ouvrent une scène. Quand un·e élève veut éditer, iel traverse tout le plateau de jardin à cour (ou inverse), simplement en marchant. Pas besoin de bras tendu ni de geste appuyé : le passage suffit.
- Dès que la personne a traversé, les joueur·euse·s en scène sortent et une nouvelle scène démarre — soit avec la personne qui vient de wiper, soit avec d’autres joueur·euse·s.
- On s’exerce uniquement au passage : chacun·e traverse le plateau cinq fois, en variant la vitesse (lent théâtral, rapide nerveux, suspendu).
- Consigne : marche assumée, regard franc, on passe entre les joueur·euse·s sans s’arrêter et sans les toucher.
- Mini-scènes de 1’-2’, éditées uniquement au wipe. La personne qui wipe propose souvent (mais pas obligatoirement) la scène suivante.
C) Lever la main — terminer une scène
25’Dispositif :
- La main levée (paume ouverte, bras levé verticalement) signale : cette scène doit se terminer maintenant. C’est silencieux, c’est calme, c’est sans appel.
- Deux usages : depuis l’extérieur (un·e tiers coupe la scène) ou depuis l’intérieur (un·e joueur·euse en scène signale qu’iel a fini).
- Quand la main est levée, les joueur·euse·s en scène ont 5 à 10 secondes pour conclure proprement : une dernière réplique, une image finale, un point d’orgue.
- Deux joueur·euse·s ouvrent une scène courte. Le reste du groupe regarde, debout sur les côtés.
- Dès qu’un·e élève sent que la scène a dit l’essentiel, iel lève la main en silence. Les joueur·euse·s la voient, achèvent en quelques secondes, puis sortent.
- On entraîne le moment juste : ni trop tôt (on coupe l’émergence), ni trop tard (on s’enlise).
- Même dispositif. Cette fois, un·e des deux joueur·euse·s en scène peut lever la main pour signaler qu’iel veut conclure. L’autre joueur·euse l’accompagne dans la sortie.
- Règle : on ne lève la main que quand on a vraiment un sentiment de clôture — pas pour fuir une scène inconfortable.
- Mix des deux. Intérieur ou extérieur, peu importe : la première main qui se lève déclenche la fin.
Jeu
Enchaînement de scènes courtes
30’Mise en place :
- Le formateur·rice donne une inspiration de départ : un mot, une image, une émotion, ou un lieu.
- Le groupe joue une suite de 8 à 10 scènes courtes (1 à 3 minutes chacune), enchaînées sans pause.
- Outil de coupe principal : la main levée (depuis l’extérieur ou l’intérieur).
- Les tags, trappeurs et wipes peuvent ponctuer le tout : ils ne remplacent pas la main levée, ils enrichissent la palette.
- La première main qui se lève termine la scène. Les joueur·euse·s achèvent en 5-10 secondes.
- Après la fin d’une scène, deux personnes (mêmes que précédentes ou nouvelles) entrent et lancent la suivante. Aucun temps mort : l’énergie circule.
- Les liens entre scènes peuvent être directs (tag, trappeur, wipe) ou simplement consister en une nouvelle scène détachée qui démarre à partir de l’inspiration initiale.
- Règles IS toujours valables : pas de toucher, pas de clap, pas d’annonce verbale lors des éditions.
- Observer si le groupe lève la main trop tôt (panique de la coupe), trop tard (incapacité à trancher), ou au bon moment.
- Si une scène traine, ne pas hésiter à lever soi-même la main : les élèves apprennent par mimétisme du timing.
- Compter mentalement les types d’édition utilisés. En débriefing : « On a vu 6 mains levées, 3 tags, 2 wipes, 1 trappeur ». Aide la classe à visualiser l’équilibre.
Conclusion
Points clés à retenir :
Rituel de fin : clap collectif.
Récapitulatif
| Partie | Contenu | Durée | Format |
|---|---|---|---|
| Préambule | Pourquoi éditer + règle IS sans contact + schéma | 5’ | Théorie |
| Échauffement A | Zip-Zap-Zop — regard et énergie | 7’ | Cercle |
| Échauffement B | Marche & occupation du plateau — placement spatial | 8’ | Collectif |
| Échauffement C | Freeze pédagogique — lecture d’image & placement | 10’ | Collectif |
| Exercice A | Tag IS (continuité d’un personnage) & trappeur IS (nouvelle scène liée) | 15’ | Files/duos |
| Exercice B | Le wipe (passage) | 15’ | Collectif |
| Exercice C | Lever la main — terminer une scène (extérieur + intérieur) | 25’ | Collectif |
| Jeu | Enchaînement de scènes courtes — main levée + tag/trappeur/wipe | 30’ | Collectif |
| Conclusion | Points clés + clap collectif | 5’ | Collectif |
Annexe
- Tag (IS) : une ou plusieurs personnes entrent et se placent devant des joueur·euse·s qui sortent. Au moins un·e comédien·ne reste avec son personnage : c’est la continuité de ce personnage qui fait le tag. Les entrant·e·s arrivent avec de nouveaux personnages (souvent évoqués). Univers, lieu et temps peuvent basculer librement. Silence, pas de toucher.
- Trappeur (IS) : j’entre devant le groupe en place. Tout le monde sort. Je ne regarde que les personnes (en coulisses) avec qui je veux jouer : elles viennent. Nouvelle scène, lien thématique avec la précédente (parfois implicite). Personnages et temps peuvent être complètement différents.
- Wipe (passage) : je traverse le plateau en marchant, simplement. Pas de bras tendu, pas de geste appuyé. La page se tourne, nouvelle scène.
- Main levée : signal silencieux pour terminer une scène. Depuis l’extérieur (un·e tiers coupe) ou depuis l’intérieur (un·e joueur·euse signale qu’iel veut finir). 5-10 secondes pour conclure proprement.
- Freeze (exercice pédagogique) : on crie « Freeze ! », on se place devant la personne à remplacer, nouvelle scène à partir de l’image figée. Outil de salle de cours, pas de spectacle.
- La scène a accouché : l’enjeu est posé, le punch est tombé, l’image est belle — main levée.
- La scène s’essouffle : répétitions, dialogue qui tourne, plus rien ne bouge — main levée ou wipe.
- Un personnage évoqué demande à entrer : tu peux le matérialiser — entre en tag.
- Une autre histoire résonne : un thème, une couleur, une question appelle un écho — entre en trappeur.
- Pas de contact physique. Pas de clap, pas de mot d’annonce. Le signal est silencieux : placement dans l’espace + regard.
- Tag : on se place devant les joueur·euse·s à tagger (1 ou plusieurs). Iels sortent. Au moins un·e comédien·ne reste avec son personnage : c’est la continuité de ce personnage qui fait le tag. Les entrant·e·s arrivent avec de nouveaux personnages.
- Trappeur : on entre devant le groupe. Tout le monde sort. On ne regarde que les personnes avec qui on va jouer la nouvelle scène (qui viennent depuis les coulisses).
- Lien thématique du trappeur : obligatoire, mais peut rester implicite et se révéler plus tard.
- Mick Napier — Improvise: Scene from the Inside Out. Référence sur la mécanique du tag-out anglo-saxon (remplacement simple, distincte du tag IS) et les pièges de l’entrée « contre ».
- Brendon Culhane — Harolds and Improv Coaching. Distinction beats/threads, qui éclaire la logique tag (thread, on garde) vs trappeur (beat, on repart) d’Impro Suisse.
- Impro Suisse — Guide des Techniques de Transition en Improvisation, plateforme pédagogique interne (Odoo).
Tags & Trappeurs (reprise)
& Éditions de scène
Préambule
En impro, une scène s’use vite. Quand on a dit ce qu’on avait à dire — ou avant de s’y noyer —, il faut couper : c’est l’édition. Éditer, c’est faire un choix dramaturgique : cette scène est finie, on passe ailleurs. Les techniques d’édition sont les outils qui permettent ce passage : tag, trappeur, wipe (balai), freeze, cut to, time dash, location dash, split screen, etc.
À IS, le tag et le trappeur sont silencieux : pas de toucher, pas de clap, pas de mot d’annonce. Le signal est physique (la position dans l’espace) et visuel (le regard qui désigne).
Tag. Une ou plusieurs personnes entrent et viennent se placer devant un ou plusieurs joueur·euse·s en scène. Les joueur·euse·s tagué·e·s (devant qui on s’est placé) sortent. Au moins un·e comédien·ne reste en scène avec son personnage : c’est la continuité de ce personnage qui fait le tag. Les entrant·e·s arrivent avec de nouveaux personnages (souvent évoqués dans la scène précédente, mais pas obligatoirement). L’univers, le lieu et le temps peuvent changer librement : c’est le personnage gardé qui assure le fil, pas le décor.
Trappeur. Une ou plusieurs personnes entrent devant le groupe en place. Tout le monde sort : c’est une nouvelle scène. Cette scène doit avoir un lien thématique avec la précédente, mais le lien peut rester implicite et se révéler plus tard. Elle peut se dérouler en parallèle ou à un autre moment, avec des personnages complètement différents. Le regard de l’entrant·e désigne vers les coulisses qui vient jouer cette nouvelle scène — on ne regarde que les personnes avec qui on va jouer.
TRAPPEUR : nouvelle scène liée thématiquement → tout le monde sort, personnages & temps libres
WIPE : passage en marchant → page tournée, nouvelle scène
MAIN LEVÉE : signal silencieux → la scène se termine en 5-10 secondes
Pour choisir entre tag et trappeur, posez-vous la question : qu’est-ce que je veux conserver de la scène précédente ?
Je garde un·e comédien·ne et son personnage (et je fais arriver un nouvel angle à côté de lui·d’elle) → tag. Le personnage gardé assure la continuité ; l’univers peut basculer.
Je garde une thématique, une couleur, une question (et je peux tout changer du reste) → trappeur.
Cette logique est proche de la distinction beats/threads développée par Brendon Culhane dans Harolds and Improv Coaching : le tag IS est un thread ancré sur un personnage, le trappeur un beat ancré sur un thème.
Focus du jour : revoir le tag et le trappeur version IS (souvent confondus), découvrir le wipe, et travailler la main levée comme outil principal de fin de scène.
Échauffement
A) Zip-Zap-Zop
7’Dispositif :
- Le groupe en cercle. Le formateur·rice envoie un « Zip » avec un geste tranchant des mains vers un·e participant·e en croisant son regard.
- Cette personne envoie « Zap » à quelqu’un d’autre, qui envoie « Zop » à un·e troisième. Le cycle reprend en boucle.
- Variante après deux tours : on peut ajouter un « Boing » (renvoi vers celle·celui qui a envoyé) ou un « Whoosh » (passage collectif autour du cercle).
B) Marche & occupation du plateau
8’Dispositif :
- Tout le monde marche dans la salle, neutre, à vitesse moyenne. Consigne : occuper l’espace en permanence (pas de paquets, pas de zones vides).
- Au « Stop » du formateur·rice, tout le monde se fige. Le groupe observe : où sont les trous, où sont les amas ? On repart, on rééquilibre.
- Au « Stop », le formateur·rice désigne une personne : elle sort, quelqu’un d’autre va se placer exactement à sa place. Le groupe se réorganise sans un mot.
- Répéter 4-5 fois avec des personnes différentes.
C) Freeze pédagogique (exercice importé)
10’Dispositif :
- Deux joueur·euse·s improvisent une courte scène physique (1’-2’ max). Le reste du groupe regarde, debout sur les côtés.
- Dès qu’un·e spectateur·rice repère une posture intéressante, iel crie « Freeze ! ». Les joueur·euse·s figent immédiatement.
- L’élève entre et se place devant la personne qu’iel veut remplacer, en reprenant la même posture (ou volontairement différente). La personne remplacée sort. Nouvelle scène, nouveau personnage, nouveau contexte — on réinvente tout à partir de l’image.
- Le freeze classique est différent du tag IS : ici on remplace les deux joueur·euse·s et on crée une scène entièrement nouvelle à partir de l’image. Dans le tag IS, on garde au moins un·e comédien·ne avec son personnage : c’est la continuité qui prime.
- Le « Freeze ! » oral est un outil pédagogique d’exercice, jamais un signal de spectacle. Ici, il sert à apprendre à lire les images et à oser couper.
Exercices
A) Reprise tag & trappeur — définitions IS
15’Dispositif :
- Le groupe se répartit en deux files de chaque côté du plateau. Deux ou trois joueur·euse·s ouvrent une scène courte avec des personnages clairement identifiés.
- Une personne entre et vient se placer devant un·e des joueur·euse·s. Silence, pas de toucher.
- La personne taguée sort. Au moins un·e comédien·ne reste avec son personnage : c’est ce personnage qui assure la continuité.
- L’entrant·e arrive avec un nouveau personnage. Le plus simple : un personnage qui a été évoqué dans la scène précédente (la patronne dont on parlait, le frère absent, etc.).
- L’univers, le lieu, le temps peuvent rester identiques ou basculer complètement : c’est le personnage gardé qui fait le fil.
- Une ou plusieurs personnes entrent devant le groupe en scène. Silence, pas de toucher, pas de clap.
- Tout le monde sort (édition totale). La nouvelle scène démarre avec l’entrant·e + les joueur·euse·s qu’iel a appelé·e·s par le regard depuis les coulisses.
- Le code du regard : on ne regarde que les personnes avec qui on va jouer (elles viennent rejoindre).
- La nouvelle scène doit avoir un lien thématique avec la précédente (couleur, question, motif) — même si ce lien n’est pas tout de suite explicite. Personnages différents, temps différent ou parallèle.
- Les élèves choisissent à chaque entrée. Le formateur·rice nomme à voix haute après coup : « C’était un tag (personnage X gardé) », « C’était un trappeur (lien : la perte) ». Aide la classe à identifier la différence dans le vif.
B) Le wipe (passage)
15’Dispositif :
- Deux joueur·euse·s ouvrent une scène. Quand un·e élève veut éditer, iel traverse tout le plateau de jardin à cour (ou inverse), simplement en marchant. Pas besoin de bras tendu ni de geste appuyé : le passage suffit.
- Dès que la personne a traversé, les joueur·euse·s en scène sortent et une nouvelle scène démarre — soit avec la personne qui vient de wiper, soit avec d’autres joueur·euse·s.
- On s’exerce uniquement au passage : chacun·e traverse le plateau cinq fois, en variant la vitesse (lent théâtral, rapide nerveux, suspendu).
- Consigne : marche assumée, regard franc, on passe entre les joueur·euse·s sans s’arrêter et sans les toucher.
- Mini-scènes de 1’-2’, éditées uniquement au wipe. La personne qui wipe propose souvent (mais pas obligatoirement) la scène suivante.
C) Lever la main — terminer une scène
25’Dispositif :
- La main levée (paume ouverte, bras levé verticalement) signale : cette scène doit se terminer maintenant. C’est silencieux, c’est calme, c’est sans appel.
- Deux usages : depuis l’extérieur (un·e tiers coupe la scène) ou depuis l’intérieur (un·e joueur·euse en scène signale qu’iel a fini).
- Quand la main est levée, les joueur·euse·s en scène ont 5 à 10 secondes pour conclure proprement : une dernière réplique, une image finale, un point d’orgue.
- Deux joueur·euse·s ouvrent une scène courte. Le reste du groupe regarde, debout sur les côtés.
- Dès qu’un·e élève sent que la scène a dit l’essentiel, iel lève la main en silence. Les joueur·euse·s la voient, achèvent en quelques secondes, puis sortent.
- On entraîne le moment juste : ni trop tôt (on coupe l’émergence), ni trop tard (on s’enlise).
- Même dispositif. Cette fois, un·e des deux joueur·euse·s en scène peut lever la main pour signaler qu’iel veut conclure. L’autre joueur·euse l’accompagne dans la sortie.
- Règle : on ne lève la main que quand on a vraiment un sentiment de clôture — pas pour fuir une scène inconfortable.
- Mix des deux. Intérieur ou extérieur, peu importe : la première main qui se lève déclenche la fin.
Jeu
Enchaînement de scènes courtes
30’Mise en place :
- Le formateur·rice donne une inspiration de départ : un mot, une image, une émotion, ou un lieu.
- Le groupe joue une suite de 8 à 10 scènes courtes (1 à 3 minutes chacune), enchaînées sans pause.
- Outil de coupe principal : la main levée (depuis l’extérieur ou l’intérieur).
- Les tags, trappeurs et wipes peuvent ponctuer le tout : ils ne remplacent pas la main levée, ils enrichissent la palette.
- La première main qui se lève termine la scène. Les joueur·euse·s achèvent en 5-10 secondes.
- Après la fin d’une scène, deux personnes (mêmes que précédentes ou nouvelles) entrent et lancent la suivante. Aucun temps mort : l’énergie circule.
- Les liens entre scènes peuvent être directs (tag, trappeur, wipe) ou simplement consister en une nouvelle scène détachée qui démarre à partir de l’inspiration initiale.
- Règles IS toujours valables : pas de toucher, pas de clap, pas d’annonce verbale lors des éditions.
- Observer si le groupe lève la main trop tôt (panique de la coupe), trop tard (incapacité à trancher), ou au bon moment.
- Si une scène traine, ne pas hésiter à lever soi-même la main : les élèves apprennent par mimétisme du timing.
- Compter mentalement les types d’édition utilisés. En débriefing : « On a vu 6 mains levées, 3 tags, 2 wipes, 1 trappeur ». Aide la classe à visualiser l’équilibre.
Conclusion
Points clés à retenir :
Rituel de fin : clap collectif.
Récapitulatif
| Partie | Contenu | Durée | Format |
|---|---|---|---|
| Préambule | Pourquoi éditer + règle IS sans contact + schéma | 5’ | Théorie |
| Échauffement A | Zip-Zap-Zop — regard et énergie | 7’ | Cercle |
| Échauffement B | Marche & occupation du plateau — placement spatial | 8’ | Collectif |
| Échauffement C | Freeze pédagogique — lecture d’image & placement | 10’ | Collectif |
| Exercice A | Tag IS (continuité d’un personnage) & trappeur IS (nouvelle scène liée) | 15’ | Files/duos |
| Exercice B | Le wipe (passage) | 15’ | Collectif |
| Exercice C | Lever la main — terminer une scène (extérieur + intérieur) | 25’ | Collectif |
| Jeu | Enchaînement de scènes courtes — main levée + tag/trappeur/wipe | 30’ | Collectif |
| Conclusion | Points clés + clap collectif | 5’ | Collectif |
Annexe
- Tag (IS) : une ou plusieurs personnes entrent et se placent devant des joueur·euse·s qui sortent. Au moins un·e comédien·ne reste avec son personnage : c’est la continuité de ce personnage qui fait le tag. Les entrant·e·s arrivent avec de nouveaux personnages (souvent évoqués). Univers, lieu et temps peuvent basculer librement. Silence, pas de toucher.
- Trappeur (IS) : j’entre devant le groupe en place. Tout le monde sort. Je ne regarde que les personnes (en coulisses) avec qui je veux jouer : elles viennent. Nouvelle scène, lien thématique avec la précédente (parfois implicite). Personnages et temps peuvent être complètement différents.
- Wipe (passage) : je traverse le plateau en marchant, simplement. Pas de bras tendu, pas de geste appuyé. La page se tourne, nouvelle scène.
- Main levée : signal silencieux pour terminer une scène. Depuis l’extérieur (un·e tiers coupe) ou depuis l’intérieur (un·e joueur·euse signale qu’iel veut finir). 5-10 secondes pour conclure proprement.
- Freeze (exercice pédagogique) : on crie « Freeze ! », on se place devant la personne à remplacer, nouvelle scène à partir de l’image figée. Outil de salle de cours, pas de spectacle.
- La scène a accouché : l’enjeu est posé, le punch est tombé, l’image est belle — main levée.
- La scène s’essouffle : répétitions, dialogue qui tourne, plus rien ne bouge — main levée ou wipe.
- Un personnage évoqué demande à entrer : tu peux le matérialiser — entre en tag.
- Une autre histoire résonne : un thème, une couleur, une question appelle un écho — entre en trappeur.
- Pas de contact physique. Pas de clap, pas de mot d’annonce. Le signal est silencieux : placement dans l’espace + regard.
- Tag : on se place devant les joueur·euse·s à tagger (1 ou plusieurs). Iels sortent. Au moins un·e comédien·ne reste avec son personnage : c’est la continuité de ce personnage qui fait le tag. Les entrant·e·s arrivent avec de nouveaux personnages.
- Trappeur : on entre devant le groupe. Tout le monde sort. On ne regarde que les personnes avec qui on va jouer la nouvelle scène (qui viennent depuis les coulisses).
- Lien thématique du trappeur : obligatoire, mais peut rester implicite et se révéler plus tard.
- Mick Napier — Improvise: Scene from the Inside Out. Référence sur la mécanique du tag-out anglo-saxon (remplacement simple, distincte du tag IS) et les pièges de l’entrée « contre ».
- Brendon Culhane — Harolds and Improv Coaching. Distinction beats/threads, qui éclaire la logique tag (thread, on garde) vs trappeur (beat, on repart) d’Impro Suisse.
- Impro Suisse — Guide des Techniques de Transition en Improvisation, plateforme pédagogique interne (Odoo).
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