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Cours-type : Tags & trappeurs orientés éditions de scènes

Cours T3 — Débutant — Cours 6

Tags & Trappeurs (reprise)
& Éditions de scène

« Une bonne édition est invisible : elle sert l’histoire, pas l’éditeur·rice. » — Adage de plateau
Niveau
Débutant (T3)
Durée
2 heures (120 min)
Thème
Éditions de scène
Prérequis
T2.3 — Trappeurs & Tags
Sources
Napier, Culhane
📖

Préambule

5 min
Pourquoi éditer une scène ?

En impro, une scène s’use vite. Quand on a dit ce qu’on avait à dire — ou avant de s’y noyer —, il faut couper : c’est l’édition. Éditer, c’est faire un choix dramaturgique : cette scène est finie, on passe ailleurs. Les techniques d’édition sont les outils qui permettent ce passage : tag, trappeur, wipe (balai), freeze, cut to, time dash, location dash, split screen, etc.

Tag & Trappeur — les définitions Impro Suisse

À IS, le tag et le trappeur sont silencieux : pas de toucher, pas de clap, pas de mot d’annonce. Le signal est physique (la position dans l’espace) et visuel (le regard qui désigne).

Tag. Une ou plusieurs personnes entrent et viennent se placer devant un ou plusieurs joueur·euse·s en scène. Les joueur·euse·s tagué·e·s (devant qui on s’est placé) sortent. Au moins un·e comédien·ne reste en scène avec son personnage : c’est la continuité de ce personnage qui fait le tag. Les entrant·e·s arrivent avec de nouveaux personnages (souvent évoqués dans la scène précédente, mais pas obligatoirement). L’univers, le lieu et le temps peuvent changer librement : c’est le personnage gardé qui assure le fil, pas le décor.

Trappeur. Une ou plusieurs personnes entrent devant le groupe en place. Tout le monde sort : c’est une nouvelle scène. Cette scène doit avoir un lien thématique avec la précédente, mais le lien peut rester implicite et se révéler plus tard. Elle peut se dérouler en parallèle ou à un autre moment, avec des personnages complètement différents. Le regard de l’entrant·e désigne vers les coulisses qui vient jouer cette nouvelle scène — on ne regarde que les personnes avec qui on va jouer.

TAG : continuité du personnage gardé → nouveau personnage entre, univers libre
TRAPPEUR : nouvelle scène liée thématiquement → tout le monde sort, personnages & temps libres
WIPE : passage en marchant → page tournée, nouvelle scène
MAIN LEVÉE : signal silencieux → la scène se termine en 5-10 secondes
Qu’est-ce que je garde ? Le critère-clé

Pour choisir entre tag et trappeur, posez-vous la question : qu’est-ce que je veux conserver de la scène précédente ?

Je garde un·e comédien·ne et son personnage (et je fais arriver un nouvel angle à côté de lui·d’elle) → tag. Le personnage gardé assure la continuité ; l’univers peut basculer.

Je garde une thématique, une couleur, une question (et je peux tout changer du reste) → trappeur.

Cette logique est proche de la distinction beats/threads développée par Brendon Culhane dans Harolds and Improv Coaching : le tag IS est un thread ancré sur un personnage, le trappeur un beat ancré sur un thème.

Focus du jour : revoir le tag et le trappeur version IS (souvent confondus), découvrir le wipe, et travailler la main levée comme outil principal de fin de scène.

🔥

Échauffement

25 min

A) Zip-Zap-Zop

7’
Objectif : Réveiller l’écoute, le regard et le réflexe de passage d’énergie entre joueur·euse·s.

Dispositif :

  • Le groupe en cercle. Le formateur·rice envoie un « Zip » avec un geste tranchant des mains vers un·e participant·e en croisant son regard.
  • Cette personne envoie « Zap » à quelqu’un d’autre, qui envoie « Zop » à un·e troisième. Le cycle reprend en boucle.
  • Variante après deux tours : on peut ajouter un « Boing » (renvoi vers celle·celui qui a envoyé) ou un « Whoosh » (passage collectif autour du cercle).
Point pédagogique : Avant de parler d’éditions, on réactive le canal du regard : une édition réussie passe d’abord par un contact visuel net entre l’éditeur·rice et le plateau.

B) Marche & occupation du plateau

8’
Objectif : Réactiver la conscience de l’espace et du groupe — préparer le tag IS qui repose entièrement sur le placement physique.

Dispositif :

  • Tout le monde marche dans la salle, neutre, à vitesse moyenne. Consigne : occuper l’espace en permanence (pas de paquets, pas de zones vides).
  • Au « Stop » du formateur·rice, tout le monde se fige. Le groupe observe : où sont les trous, où sont les amas ? On repart, on rééquilibre.
Variante — Prendre la place
  • Au « Stop », le formateur·rice désigne une personne : elle sort, quelqu’un d’autre va se placer exactement à sa place. Le groupe se réorganise sans un mot.
  • Répéter 4-5 fois avec des personnes différentes.
Point pédagogique : Le tag à Impro Suisse n’est pas un signal sonore : c’est un acte spatial. Apprendre à lire les vides et à les occuper, c’est déjà apprendre à tagger proprement.

C) Freeze pédagogique (exercice importé)

10’
Objectif : Travailler la lecture d’une image figée et l’audace de couper. Préparer le tag IS sans s’y confondre.

Dispositif :

  • Deux joueur·euse·s improvisent une courte scène physique (1’-2’ max). Le reste du groupe regarde, debout sur les côtés.
  • Dès qu’un·e spectateur·rice repère une posture intéressante, iel crie « Freeze ! ». Les joueur·euse·s figent immédiatement.
  • L’élève entre et se place devant la personne qu’iel veut remplacer, en reprenant la même posture (ou volontairement différente). La personne remplacée sort. Nouvelle scène, nouveau personnage, nouveau contexte — on réinvente tout à partir de l’image.
Distinction importante
  • Le freeze classique est différent du tag IS : ici on remplace les deux joueur·euse·s et on crée une scène entièrement nouvelle à partir de l’image. Dans le tag IS, on garde au moins un·e comédien·ne avec son personnage : c’est la continuité qui prime.
  • Le « Freeze ! » oral est un outil pédagogique d’exercice, jamais un signal de spectacle. Ici, il sert à apprendre à lire les images et à oser couper.
Point pédagogique : Le freeze développe trois réflexes utiles aux éditions IS : lire une image, oser couper au bon moment, et occuper l’espace en se plaçant devant. Mais attention : c’est un cousin du tag, pas le tag lui-même.
Débriefing : Qu’est-ce qui déclenche votre « Freeze ! » ? Quelle différence repérez-vous entre « tout recommencer à partir d’une image » (freeze) et « garder un·e comédien·ne et faire entrer un nouveau personnage » (tag IS, qu’on travaille juste après) ?
🎯

Exercices

55 min

A) Reprise tag & trappeur — définitions IS

15’
Objectif : Réancrer les deux outils dans leur définition précise à Impro Suisse : tag = mêmes personnages dans un autre temps ; trappeur = nouvelle scène liée thématiquement.

Dispositif :

  • Le groupe se répartit en deux files de chaque côté du plateau. Deux ou trois joueur·euse·s ouvrent une scène courte avec des personnages clairement identifiés.
Phase 1 — Tag IS (5 min)
  • Une personne entre et vient se placer devant un·e des joueur·euse·s. Silence, pas de toucher.
  • La personne taguée sort. Au moins un·e comédien·ne reste avec son personnage : c’est ce personnage qui assure la continuité.
  • L’entrant·e arrive avec un nouveau personnage. Le plus simple : un personnage qui a été évoqué dans la scène précédente (la patronne dont on parlait, le frère absent, etc.).
  • L’univers, le lieu, le temps peuvent rester identiques ou basculer complètement : c’est le personnage gardé qui fait le fil.
Exemple 1 (univers conservé) : Deux employées se plaignent de leur patronne dans le bureau. La patronne entre, se place devant l’une des employées : cette dernière sort. Reste sur scène : l’autre employée + la patronne. La scène continue dans le même bureau, peut-être même en parlant de l’employée qui vient de partir.
Exemple 2 (univers basculé) : Même scène de départ. La patronne entre, l’une des employées sort. On se retrouve dans le salon de la patronne le soir : l’employée (même personnage) est venue lui parler de la démission qu’elle prépare. Le lieu et le temps ont basculé, mais le personnage de l’employée fait le pont.
Phase 2 — Trappeur IS (5 min)
  • Une ou plusieurs personnes entrent devant le groupe en scène. Silence, pas de toucher, pas de clap.
  • Tout le monde sort (édition totale). La nouvelle scène démarre avec l’entrant·e + les joueur·euse·s qu’iel a appelé·e·s par le regard depuis les coulisses.
  • Le code du regard : on ne regarde que les personnes avec qui on va jouer (elles viennent rejoindre).
  • La nouvelle scène doit avoir un lien thématique avec la précédente (couleur, question, motif) — même si ce lien n’est pas tout de suite explicite. Personnages différents, temps différent ou parallèle.
Exemple : Scène d’une rupture amoureuse. Mathilde entre devant les deux joueurs, regarde Paul en coulisses. Tout le monde sort sauf Mathilde, qui démarre une nouvelle scène avec Paul : deux ouvrières qui démantibulent une vieille machine dans une usine. Lien thématique implicite : ce qu’on démonte, ce qu’on perd.
Phase 3 — Libre tag OU trappeur (5 min)
  • Les élèves choisissent à chaque entrée. Le formateur·rice nomme à voix haute après coup : « C’était un tag (personnage X gardé) », « C’était un trappeur (lien : la perte) ». Aide la classe à identifier la différence dans le vif.
Point pédagogique : La confusion classique chez les débutant·e·s : croire que le tag remplace un joueur (sans plus), et que le trappeur ajoute un personnage. À IS, ce n’est pas ça. Le tag garde un·e comédien·ne et son personnage : c’est lui·elle qui fait le fil. Le trappeur garde une thématique et édite tout le monde. Posée ainsi, la palette dramaturgique devient beaucoup plus riche : on travaille la continuité d’un personnage à travers les scènes, ou la résonance des thèmes entre scènes.
Débriefing : Sur les tags : le·la comédien·ne resté·e en scène s’est-iel senti·e porté·e ou bousculé·e par le nouveau personnage qui arrivait ? L’univers a-t-il basculé ou est-il resté identique ? Sur les trappeurs : le lien thématique entre les deux scènes était-il lisible pour le groupe ? Trop télégraphié ou trop obscur ?

B) Le wipe (passage)

15’
Objectif : Découvrir l’édition la plus visuelle : la traverse du plateau qui clos la scène précédente.

Dispositif :

  • Deux joueur·euse·s ouvrent une scène. Quand un·e élève veut éditer, iel traverse tout le plateau de jardin à cour (ou inverse), simplement en marchant. Pas besoin de bras tendu ni de geste appuyé : le passage suffit.
  • Dès que la personne a traversé, les joueur·euse·s en scène sortent et une nouvelle scène démarre — soit avec la personne qui vient de wiper, soit avec d’autres joueur·euse·s.
Phase 1 — Wipe technique (5 min)
  • On s’exerce uniquement au passage : chacun·e traverse le plateau cinq fois, en variant la vitesse (lent théâtral, rapide nerveux, suspendu).
  • Consigne : marche assumée, regard franc, on passe entre les joueur·euse·s sans s’arrêter et sans les toucher.
Phase 2 — Wipe en scène (10 min)
  • Mini-scènes de 1’-2’, éditées uniquement au wipe. La personne qui wipe propose souvent (mais pas obligatoirement) la scène suivante.
Exemple : Scène d’un couple qui se dispute au petit-déjeuner. Loïc traverse le plateau en marchant, calmement. Il s’arrête au centre : « Bonjour, ici Radio Lausanne, écoutez nos auditeurs en direct » — nouvelle scène.
Point pédagogique : Le wipe est l’édition la plus simple visuellement : un corps qui passe, et la page se tourne. La sobriété du geste fait sa force ; en faire trop (bras, mimique, fioritures) le rend lourd.
Débriefing : Le wipe casse-t-il l’histoire ou la fait-il avancer ? Quels passages vous ont semblé gratuits, quels autres ont relancé le récit ?

C) Lever la main — terminer une scène

25’
Objectif : Apprendre le signal silencieux IS pour terminer une scène : la main levée. C’est l’outil de coupe le plus simple et le plus précis du répertoire.

Dispositif :

  • La main levée (paume ouverte, bras levé verticalement) signale : cette scène doit se terminer maintenant. C’est silencieux, c’est calme, c’est sans appel.
  • Deux usages : depuis l’extérieur (un·e tiers coupe la scène) ou depuis l’intérieur (un·e joueur·euse en scène signale qu’iel a fini).
  • Quand la main est levée, les joueur·euse·s en scène ont 5 à 10 secondes pour conclure proprement : une dernière réplique, une image finale, un point d’orgue.
Phase 1 — Main levée depuis l’extérieur (10 min)
  • Deux joueur·euse·s ouvrent une scène courte. Le reste du groupe regarde, debout sur les côtés.
  • Dès qu’un·e élève sent que la scène a dit l’essentiel, iel lève la main en silence. Les joueur·euse·s la voient, achèvent en quelques secondes, puis sortent.
  • On entraîne le moment juste : ni trop tôt (on coupe l’émergence), ni trop tard (on s’enlise).
Phase 2 — Main levée depuis l’intérieur (10 min)
  • Même dispositif. Cette fois, un·e des deux joueur·euse·s en scène peut lever la main pour signaler qu’iel veut conclure. L’autre joueur·euse l’accompagne dans la sortie.
  • Règle : on ne lève la main que quand on a vraiment un sentiment de clôture — pas pour fuir une scène inconfortable.
Phase 3 — Libre (5 min)
  • Mix des deux. Intérieur ou extérieur, peu importe : la première main qui se lève déclenche la fin.
Point pédagogique : La main levée est un acte dramaturgique, pas une fuite. Lever la main, c’est dire : « cette scène a accompli son trajet ». Apprendre à reconnaitre ce moment juste est l’une des compétences clés du long-form. C’est aussi l’outil qui éduque l’oreille du groupe : chacun·e devient éditeur·rice potentiel·le.
Débriefing : Quand avez-vous voulu lever la main mais hésité ? Quand l’avez-vous levée trop tôt ? Comment s’est passée la conclusion en 5 secondes : lissée ou bricolée ? Différence ressentie entre lever la main de l’extérieur et le faire en jouant ?
🎭

Jeu

30 min

Enchaînement de scènes courtes

30’
Objectif : Mettre en pratique la main levée comme outil de coupe principal, en l’articulant avec les tags, trappeurs et wipes appris dans le cours.

Mise en place :

  • Le formateur·rice donne une inspiration de départ : un mot, une image, une émotion, ou un lieu.
  • Le groupe joue une suite de 8 à 10 scènes courtes (1 à 3 minutes chacune), enchaînées sans pause.
  • Outil de coupe principal : la main levée (depuis l’extérieur ou l’intérieur).
  • Les tags, trappeurs et wipes peuvent ponctuer le tout : ils ne remplacent pas la main levée, ils enrichissent la palette.
Règles du jeu
  • La première main qui se lève termine la scène. Les joueur·euse·s achèvent en 5-10 secondes.
  • Après la fin d’une scène, deux personnes (mêmes que précédentes ou nouvelles) entrent et lancent la suivante. Aucun temps mort : l’énergie circule.
  • Les liens entre scènes peuvent être directs (tag, trappeur, wipe) ou simplement consister en une nouvelle scène détachée qui démarre à partir de l’inspiration initiale.
  • Règles IS toujours valables : pas de toucher, pas de clap, pas d’annonce verbale lors des éditions.
Conseils au formateur·rice
  • Observer si le groupe lève la main trop tôt (panique de la coupe), trop tard (incapacité à trancher), ou au bon moment.
  • Si une scène traine, ne pas hésiter à lever soi-même la main : les élèves apprennent par mimétisme du timing.
  • Compter mentalement les types d’édition utilisés. En débriefing : « On a vu 6 mains levées, 3 tags, 2 wipes, 1 trappeur ». Aide la classe à visualiser l’équilibre.
Point pédagogique : Enchaîner des scènes courtes avec main levée est l’exercice de synthèse par excellence pour le travail d’édition. Il met chaque élève face à deux décisions permanentes : quand couper ? et comment relancer ?. C’est aussi le format qui développe le mieux la conscience collective de la dramaturgie : tout le monde est responsable du rythme.
Débriefing (5 min) : Quelles mains levées ont semblé particulièrement justes ? Y a-t-il eu une scène qu’on aurait dû couper plus tôt et qu’on n’a pas osé couper ? Comment avez-vous vécu les transitions tag/trappeur/wipe au milieu des coupes par main levée ?
✔️

Conclusion

5 min

Points clés à retenir :

Tag IS. Au moins un·e comédien·ne reste avec son personnage : c’est la continuité qui fait le tag.
Trappeur IS. Nouvelle scène liée thématiquement. On édite tout le monde.
Silence & placement. Pas de toucher, pas de clap, pas de mot. La position et le regard parlent.
Le regard fait le tri. Trappeur : on ne regarde que celleux avec qui on va jouer.
Le wipe. Un passage simple en marchant, c’est tout. Sobriété.
La main levée. Outil de coupe silencieux. Acte dramaturgique, pas une fuite.

Rituel de fin : clap collectif.

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Récapitulatif

120 min
PartieContenuDuréeFormat
PréambulePourquoi éditer + règle IS sans contact + schéma5’Théorie
Échauffement AZip-Zap-Zop — regard et énergie7’Cercle
Échauffement BMarche & occupation du plateau — placement spatial8’Collectif
Échauffement CFreeze pédagogique — lecture d’image & placement10’Collectif
Exercice ATag IS (continuité d’un personnage) & trappeur IS (nouvelle scène liée)15’Files/duos
Exercice BLe wipe (passage)15’Collectif
Exercice CLever la main — terminer une scène (extérieur + intérieur)25’Collectif
JeuEnchaînement de scènes courtes — main levée + tag/trappeur/wipe30’Collectif
ConclusionPoints clés + clap collectif5’Collectif
📚

Annexe

Aide-mémoire — Les outils d’édition IS du cours
  • Tag (IS) : une ou plusieurs personnes entrent et se placent devant des joueur·euse·s qui sortent. Au moins un·e comédien·ne reste avec son personnage : c’est la continuité de ce personnage qui fait le tag. Les entrant·e·s arrivent avec de nouveaux personnages (souvent évoqués). Univers, lieu et temps peuvent basculer librement. Silence, pas de toucher.
  • Trappeur (IS) : j’entre devant le groupe en place. Tout le monde sort. Je ne regarde que les personnes (en coulisses) avec qui je veux jouer : elles viennent. Nouvelle scène, lien thématique avec la précédente (parfois implicite). Personnages et temps peuvent être complètement différents.
  • Wipe (passage) : je traverse le plateau en marchant, simplement. Pas de bras tendu, pas de geste appuyé. La page se tourne, nouvelle scène.
  • Main levée : signal silencieux pour terminer une scène. Depuis l’extérieur (un·e tiers coupe) ou depuis l’intérieur (un·e joueur·euse signale qu’iel veut finir). 5-10 secondes pour conclure proprement.
  • Freeze (exercice pédagogique) : on crie « Freeze ! », on se place devant la personne à remplacer, nouvelle scène à partir de l’image figée. Outil de salle de cours, pas de spectacle.
Quand éditer ? Quatre indicateurs
  • La scène a accouché : l’enjeu est posé, le punch est tombé, l’image est belle — main levée.
  • La scène s’essouffle : répétitions, dialogue qui tourne, plus rien ne bouge — main levée ou wipe.
  • Un personnage évoqué demande à entrer : tu peux le matérialiser — entre en tag.
  • Une autre histoire résonne : un thème, une couleur, une question appelle un écho — entre en trappeur.
Règles & codes Impro Suisse (tag & trappeur)
  • Pas de contact physique. Pas de clap, pas de mot d’annonce. Le signal est silencieux : placement dans l’espace + regard.
  • Tag : on se place devant les joueur·euse·s à tagger (1 ou plusieurs). Iels sortent. Au moins un·e comédien·ne reste avec son personnage : c’est la continuité de ce personnage qui fait le tag. Les entrant·e·s arrivent avec de nouveaux personnages.
  • Trappeur : on entre devant le groupe. Tout le monde sort. On ne regarde que les personnes avec qui on va jouer la nouvelle scène (qui viennent depuis les coulisses).
  • Lien thématique du trappeur : obligatoire, mais peut rester implicite et se révéler plus tard.
Sources citées dans ce cours
  • Mick NapierImprovise: Scene from the Inside Out. Référence sur la mécanique du tag-out anglo-saxon (remplacement simple, distincte du tag IS) et les pièges de l’entrée « contre ».
  • Brendon CulhaneHarolds and Improv Coaching. Distinction beats/threads, qui éclaire la logique tag (thread, on garde) vs trappeur (beat, on repart) d’Impro Suisse.
  • Impro SuisseGuide des Techniques de Transition en Improvisation, plateforme pédagogique interne (Odoo).
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