Cours-Type : Exploration du Harold

Cours T6 — Intermédiaire — Cours 3

Exploration du Harold

« Le Harold n’est pas un format. C’est une façon de penser. » — Del Close
Niveau
Intermédiaire (T6)
Durée
2 heures (120 min)
Thème
Long format — Le Harold
📖

Préambule

5 min
Intention pédagogique : Découvrir l’architecture du Harold, le format long le plus influent de l’histoire de l’improvisation. Comprendre sa structure en trois passes et le rôle central de la réincorporation et de la connexion entre les scènes.
Le Harold — Origines

Créé par Del Close et développé à l’ImprovOlympic (aujourd’hui iO Chicago) avec Charna Halpern, le Harold est le format fondateur du long format américain. Son principe : à partir d’une seule suggestion du public, faire émerger trois scènes apparemment sans lien qui finissent par se connecter et résonner entre elles.

L’architecture du Harold
Suggestion → Opening

Beat 1 : Scène A1 — Scène B1 — Scène C1
↓ Group Game ↓
Beat 2 : Scène A2 — Scène B2 — Scène C2
↓ Group Game ↓
Beat 3 : Les scènes convergent — les connexions émergent
  • Opening : Un jeu de groupe qui explore la suggestion sous tous ses angles (associations, thèmes, émotions). C’est le terreau de tout ce qui va suivre.
  • Beat 1 : Trois scènes distinctes (A, B, C). Chacune plante des personnages, une relation, un enjeu. C’est la plateforme du Harold.
  • Group Game : Un jeu collectif entre les beats — un moment de respiration et d’énergie partagée qui peut nourrir les scènes suivantes.
  • Beat 2 : Les mêmes scènes reviennent, mais la situation a évolué. Le curseur s’est déplacé : les enjeux montent, les personnages changent.
  • Beat 3 : Les scènes A, B, C commencent à se croiser, se répondre, fusionner. Des éléments plantés au Beat 1 reviennent et prennent un nouveau sens. C’est la convergence.

« Le Harold mange tout » (Del Close) : il absorbe toutes les techniques — scènes à deux, monologues, chansons, jeux de groupe. Charna Halpern le compare au jazz : toutes ces petites pièces séparées finissent par s’assembler pour former une seule et même chanson.

La métaphore du tipi

Les scènes du Beat 1 sont comme les piquets éloignés d’un tipi plantés au sol. En se développant, ces piquets s’élèvent et ont l’espace nécessaire pour se rejoindre et converger au sommet. Plus les scènes sont distinctes au départ, plus la convergence finale est spectaculaire.

Trois principes moteurs :

  • Réincorporation : Tout élément semé peut (et doit) revenir. Un détail anodin du Beat 1 devient la clé de voûte du Beat 3.
  • Rapport au partenaire : Le·la second·e participant·e n’intervient que lorsque le·la premier·ère a clairement posé les bases de la relation. Pas de précipitation. Comprendre avant de s’engager.
  • Le Book-end : Le Harold est un cercle, pas une ligne droite. La fin du spectacle recrée l’énergie ou l’image scénique de l’ouverture — on boucle la boucle.
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Échauffement

20 min

A) Action-Réaction en chaîne

10 min
Objectif : Intégrer le principe fondamental du Harold — l’enchaînement cause-effet. Chaque geste mène au suivant ; chaque action génère des conséquences.

Déroulement :

  • Duos. Une personne commence une action physique simple (ouvrir une porte, s’asseoir, prendre un objet).
  • Le·la partenaire s’inscrit complètement dans cette action, sans la contrarier, pour avancer dans un projet commun.
  • L’action en entraîne une autre, qui en entraîne une autre, dans un enchaînement ininterrompu. On ne cherche pas loin — on s’appuie sur ce qui vient d’être fait.

Règles :

  • Pas de négation. On accepte et on prolonge.
  • Pas d’hésitation. Posez des actes et osez des affirmations fortes. L’hésitation et la précaution entravent la création.
  • Aller au bout des chemins ouverts, en refusant l’approximation.
Point pédagogique : L’improvisateur·rice doit être capable de noter ce qui lui semble juste ou faux dans la façon de jouer de ses partenaires. Le Harold repose sur cette écoute active : chaque détail compte, car il sera réincorporé.

B) Le Rephrasing — Ouverture à la Napier

10 min
Objectif : Pratiquer une technique d’opening de Harold. Éliminer la « page blanche » et générer un terreau thématique riche à partir d’une seule suggestion.

Déroulement :

  • Tout le groupe debout, en cercle. Le·la formateur·rice donne une suggestion (un mot du quotidien).
  • Personne 1 : fait une déclaration, une affirmation ou une théorie sur le fonctionnement de la vie, inspirée par la suggestion. Pas besoin d’être drôle.
  • Personne 2 : entre et reformule entièrement l’idée de la première phrase avec des mots différents, tout en restant fidèle à son essence.
  • Personne 3 : reformule à nouveau — même idée de fond, nouvelles images.
  • Après 3 reformulations, quelqu’un lance une nouvelle déclaration (toujours liée à la suggestion). Le cycle recommence.

Exemple — Suggestion : « clés »

P1 : « On passe sa vie à chercher des choses qu’on avait déjà. »

P2 : « Le plus dur n’est pas de trouver la porte, c’est de se rappeler qu’on a la clé dans la poche. »

P3 : « Parfois la réponse était là depuis le début, mais on regardait ailleurs. »

Faire 3–4 cycles avec des suggestions différentes.

Règle clé — Énergie de présentation :

  • L’opening du Harold n’est pas une scène classique : le quatrième mur n’existe pas. Toute prise de parole s’adresse au public, pas aux partenaires.
  • Règle du non-regard : les joueur·se·s n’ont aucun contact visuel avec leurs partenaires quand iels parlent. Iels se regardent quand iels écoutent, mais la parole va vers le public.

Le Snap — Transition opening → première scène :

  • Quand l’exploration collective est résolue, la quasi-totalité du groupe quitte le plateau pour ne laisser que deux personnes.
  • Ce « snap » crée un contraste saisissant entre l’énergie bouillonnante du groupe et la patience de la première scène à deux. C’est un choix de mise en scène délibéré.
Point pédagogique : Cet exercice de Mick Napier entraîne l’écoute profonde (comprendre l’essence d’une idée, pas ses mots) et génère un réservoir thématique dans lequel les premières scènes du Harold peuvent puiser. La règle du non-regard force une vraie posture de présentation et accélère l’échange d’énergie.
🎯

Exercices

60 min

A) Le mot aléatoire — Réincorporation

15 min
Objectif : Développer la compétence-clé du Harold : la réincorporation. Apprendre à intégrer de nouveaux éléments de manière fluide dans une narration existante, en trouvant des liens inattendus.

Déroulement :

  • En duos. Personne A commence à raconter une histoire.
  • Personne B crie un mot aléatoire (généralement un nom concret) toutes les 10 secondes environ.
  • Personne A doit inclure ce mot dans son histoire dès que possible, de manière organique.

Exemple :

A : « Il était une fois un petit garçon nommé Tony qui aimait jouer avec des soldats de plomb... »

B : « Fraises ! »

A : « ...Il donnait des fraises aux soldats de plomb pour leurs pique-niques spéciaux... »

Progression :
  • Tour 1 : A raconte, B donne des mots. 2 min, puis on inverse.
  • Tour 2 : Même chose, mais B donne des mots plus abstraits (sentiments, couleurs, textures).
  • Tour 3 : A doit non seulement inclure le mot, mais le relier à un élément déjà planté dans l’histoire. C’est la réincorporation pure : tout doit se justifier à partir des éléments déjà placés.

Pourquoi la réincorporation fonctionne :

Imaginez une scène où un fermier trait des vaches. Des extraterrestres atterrissent. S’ils l’enlèvent simplement pour l’emmener sur leur planète → aucun lien avec le début, pas de sens. Mais s’ils lui demandent de leur révéler « le secret du yaourt » → le thème laitier revient, et le public comprend que la scène touche organiquement à sa fin.

Point pédagogique : La réincorporation donne du « sens » à une scène. Au lieu de multiplier les nouvelles idées, on regarde ce qu’on a déjà fait et on le réincorpore. Règle d’or : en cas de doute, réincorpore.

B) Two Scenes — Give & Take

20 min
Objectif : Apprendre à gérer deux scènes simultanées sur le même plateau — compétence essentielle du Harold où trois lignes narratives coexistent. Maîtriser le principe du « give and take » (donner et prendre le focus).

Cet exercice vient de Viola Spolin. Il résout un problème courant : le désordre scénique quand plusieurs centres d’attention sont présents.

Mise en place :

  • Deux duos sur le plateau : Duo A côté cour, Duo B côté jardin.
  • Chaque duo joue une scène complètement différente (lieu, personnages, enjeu distincts).
Phase 1 – Focus dirigé (8 min)
  • Le·la formateur·rice donne le focus : « Duo A ! » → Duo A joue, Duo B se fige en silence.
  • Après 30–60 secondes : « Duo B ! » → Duo B reprend exactement où iel s’était arrêté, Duo A se fige.
  • Alterner 4–5 fois. Faire passer 2 groupes de 4.
Phase 2 – Focus autonome (12 min)
  • Même configuration, mais cette fois les joueur·se·s gèrent eux·elles-mêmes le focus.
  • Quand un duo reprend la parole, l’autre se fige automatiquement.
  • Le public (le reste du groupe) observe : est-ce que l’image scénique est claire ? Sait-on toujours qui a le focus ?
  • Faire passer 2–3 groupes. Encourager des prises de focus variées (certaines longues, certaines brèves).
Débriefing : Qu’est-ce qui rendait les changements de focus fluides ou confus ? Comment saviez-vous que c’était le moment de reprendre ? Y a-t-il eu des résonances involontaires entre les deux scènes (mêmes thèmes, mêmes émotions) ?
Point pédagogique : Le Harold fait coexister trois lignes narratives. Cet exercice enseigne la compétence de base : savoir quand donner le focus et quand le reprendre. Le·la second·e participant·e n’intervient que lorsque le·la premier·ère a clairement posé les bases — comprendre avant de s’engager.

C) Les trois beats d’une même scène

25 min
Objectif : Comprendre comment une scène évolue à travers les trois beats du Harold. Beat 1 = plateforme ; Beat 2 = évolution/complication ; Beat 3 = résolution/révélation. Pratiquer la réincorporation et la montée en enjeu.

Mise en place :

  • Duos ou trios. Le·la formateur·rice donne une situation de départ banale (deux personnes qui font une activité ensemble, un rendez-vous ordinaire, une salle d’attente).
Beat 1 – Planter (5 min par groupe)
  • Jouer la scène. Poser la relation, le lieu, le comportement quotidien. Semer 2–3 détails concrets et mémorables : un surnom étrange, un objet incongru, une phrase répétée, une manie physique.
  • Le·la formateur·rice coupe au bout de 2–3 minutes (« Gel ! »).
Beat 2 – Faire évoluer (5 min par groupe)
  • Mêmes personnages, plus tard dans le temps (quelques heures, quelques jours, quelques années — à décider).
  • La situation a changé. Les enjeux ont monté. Au moins un élément du Beat 1 revient sous un angle différent.
  • Couper après 2–3 minutes.
Beat 3 – Résoudre / Révéler (5 min par groupe)
  • Dernière visite. Les détails semés au Beat 1 trouvent leur sens. La relation a été transformée.
  • Encourager les comédien·ne·s à réincorporer des éléments précis (le surnom, l’objet, la phrase) pour créer un effet de boucle.

Faire passer 3 groupes. Le reste du groupe observe et note les éléments semés et réincorporés.

Débriefing : Quels détails du Beat 1 sont revenus au Beat 3 ? Lesquels ont été oubliés ? Est-ce que la scène a gagné en profondeur à chaque beat, ou est-ce qu’elle a tourné en rond ? Qu’est-ce qui a changé chez les personnages entre le début et la fin ?
Point pédagogique : C’est le cœur du Harold. La réincorporation n’est pas un gadget — c’est ce qui transforme trois scènettes en une histoire. Quand un élément banal du Beat 1 prend un sens tragique ou comique au Beat 3, le public ressent que tout était lié depuis le début. C’est le sentiment de cohérence qui fait la magie du long format.
🎭

Jeu

30 min

Mini-Harold guidé

25–30 min
Objectif : Mettre en pratique l’ensemble du cours dans un Harold simplifié. Le·la formateur·rice guide la structure ; les élèves se concentrent sur le jeu, l’écoute et la réincorporation.

Mise en place :

  • Tout le groupe (12–15 élèves).
  • Demander au public un mot du quotidien (un objet, un lieu, une sensation).
1. Opening — Rephrasing (2 min)
  • Le groupe fait un Rephrasing à partir de la suggestion (comme dans l’échauffement).
  • 3–4 cycles de reformulations. Le·la formateur·rice coupe quand le terreau est riche.
2. Beat 1 — Scènes de plantation (8–10 min)
  • 3 ou 4 scènes (selon la taille du groupe), jouées successivement, inspirées par l’opening.
  • Chaque scène démarre en duo. Au besoin, d’autres élèves peuvent intervenir en soutien pour enrichir la scène (passer à 3 ou 4), mais on commence toujours à deux.
  • Chaque scène doit poser : qui, où, quelle relation, et semer 1–2 détails marquants.
  • Les scènes n’ont aucun lien apparent entre elles. C’est normal.
  • Le·la formateur·rice signale les changements de scène : « Scène B ! », « Scène C ! », « Scène D ! »
3. Group Game (2 min)
  • Tout le groupe. Un jeu physique ou vocal collectif — peut être un pattern de mouvement, une chanson improvisée, une machine de sons.
  • Le·la formateur·rice peut proposer une consigne simple : « Faites une machine qui représente le thème de la suggestion. »
4. Beat 2 — Les scènes évoluent (8–10 min)
  • Les mêmes scènes (A, B, C, D) reviennent. Les mêmes personnages, mais plus tard.
  • Les enjeux ont monté. Les détails du Beat 1 réapparaissent.
  • Conseil aux joueur·se·s : « Qu’est-ce qui a changé depuis la dernière fois qu’on a vu ces personnages ? »
5. Beat 3 — Convergence (5–8 min)
  • Libérer la structure rigide : l’équipe n’est plus obligée de rejouer strictement les trois scènes. Elle enchaîne librement des threads (fils conducteurs) au gré de son inspiration.
  • Des personnages de scènes différentes se rencontrent. Les éléments semés au Beat 1 trouvent un nouveau sens.
  • Le·la formateur·rice peut encourager : « Un élément de la scène A apparaît dans la scène C... »
  • Le Book-end : guetter l’opportunité de ramener tout le groupe sur le plateau pour recréer l’énergie ou l’image de l’ouverture. On boucle la boucle.
Débriefing : Est-ce que les trois scènes ont fini par se connecter ? Comment ? Quels détails plantés au Beat 1 sont revenus au Beat 3 ? Y a-t-il eu un moment où le public a « compris » le lien — un moment de convergence satisfaisant ? Qu’est-ce qui était le plus difficile : planter, faire évoluer, ou connecter ?
✔️

Conclusion

5 min

Résumé des points clés :

Le Harold = Suggestion → Opening → 3 scènes × 3 beats → Group Games → Convergence.
La réincorporation est le ciment du Harold : chaque détail semé peut revenir et prendre un sens nouveau.
L’opening génère le terreau thématique. Plus il est riche, plus les scènes ont de matière.
Give & Take : savoir donner et reprendre le focus, c’est la respiration du long format.
La convergence au Beat 3 n’est pas préméditée. Elle émerge de l’écoute et de la confiance dans les éléments plantés.
Le Book-end : le Harold est un cercle. Boucler en recréant l’énergie de l’ouverture donne un puissant sentiment de familiarité.
Rapport au partenaire : comprendre avant de s’engager. Pas de précipitation.

🎭 Voir un Harold en vrai :

L’équipe Espoirs d’Impro Suisse joue un Harold modifié le 6 juin. C’est l’occasion idéale d’observer la structure en action !

→ Réserver sa place

Annoncer le cours suivant. Rituel de fin : clap collectif.

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Récapitulatif

120 min
PartieContenuDuréeFormat
PréambuleLe Harold : origines, architecture, réincorporation, rapport au partenaire5’Théorie
Échauffement AAction-Réaction en chaîne10’Duos
Échauffement BLe Rephrasing — ouverture à la Napier10’Cercle / collectif
Exercice ALe mot aléatoire — réincorporation15’Duos
Exercice BTwo Scenes — Give & Take (Spolin)20’Quatuors
Exercice CLes trois beats d’une même scène25’Duos / trios
JeuMini-Harold guidé25–30’Groupe complet
ConclusionRésumé et rituel de fin5’Collectif
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Annexe — Pour aller plus loin

Autres formats longs à explorer

Le Harold est le format fondateur, mais il existe de nombreuses variantes et formats dérivés :

  • Le Banc public : Toute l’action se déroule autour d’un lieu unique. Les personnages vont et viennent, les histoires se croisent naturellement par le lieu.
  • Le Feu de camp : Un·e narrateur·rice raconte une histoire. Les comédien·ne·s jouent les scènes évoquées. Le·la narrateur·rice peut interrompre, commenter, revenir en arrière.
  • Le Concept : Format avec rotations de duos et trios, héritage croisé d’éléments, et convergence finale. Chaque duo seme des détails que les duos suivants récupèrent et développent.
  • La Evocation : Format non narratif où les scènes explorent un thème par associations libres, sans obligation de continuité narrative.

Ces formats seront explorés dans les cours suivants. Le Harold reste la base : maîtriser ses mécanismes (beats, réincorporation, give & take, convergence) permet d’aborder n’importe quel long format.

Exercices complémentaires — Boîte à outils Harold
  • La Porte fermée (Knapp) : Une personne arrive devant une porte, sonne, n’obtient pas de réponse. À partir de cette situation banale, construire une situation dramatique en l’enrichissant progressivement (conditions de temps, de lieu, de relations). L’attitude créatrice procède d’une attention portée à la banalité — idéal pour travailler les plateformes de Beat 1.
  • L’Expert (Johnstone) : Un·e « expert·e » enseigne un sujet absurde (apprendre à des dauphins à jouer au billard). L’intervieweur·se pousse l’expert·e à réincorporer et justifier les éléments introduits. Excellent pour le muscle de la réincorporation.
  • Actions en décalage : Deux personnes agissent dans un lieu spécifique, mais l’action ne correspond pas au lieu (un boulanger ne vend pas son pain dans sa boulangerie). Chercher le décalage tout en maintenant la crédibilité — excellent pour créer de la richesse dans les scènes de Harold.
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